La semaine dernière, le gouvernement du Québec annonçait son ambitieux projet de chasser la malbouffe des écoles du Québec afin de lutter contre l’épidémie d’obésité (En passant, c'est la troisième fois que le gouvernement nous promet ça, c'était aussi le cas en 2004 et 2006.)
Une bonne mesure? Pas vraiment en fait. Il faudrait, pour cela, que l’obésité soit le résultat de la nature de ce que l’on mange plutôt que de la quantité que l’on mange et du fait que l’on ne le dépense pas. Manger une poutine ne vous fera pas nécessairement engraisser, manger un hot-dog non plus, à terme ça vous bousillera le système cardiovasculaire, mais vous pourrez être tout à fait mince.
On peut en effet engraisser autant en mangeant une salade bien arrosée de vinaigrette qu’en mangeant une grosse graisseuse. 100 calories de fine huile d’olive de première pression à froid ne sont pas différentes de 100 calories de sauce brune (faite à partir des grands troupeaux de bruns sauvages qui parcours les plaines???) en terme de pouvoir calorique, donc de capacité de vous faire engraisser.
Je suis d’accord que l’école doit fournir une alimentation de qualité aux élèves et que plusieurs items n’ont pas leur place sur le menu d’une cafétéria scolaire. Mais quand le choix santé est un petit paquet de fèves caoutchouteuses en canne un peu tièdes dans le fond d’une assiette, il y a de quoi vous faire fantasmer sur un hot-dog moutarde-choux ou même sur le poulet frit aux épices secrètes de chose bine là, …le gars qui était habillé en blanc dans les annonces euh…l’agent Glad, c’est ça.
Mais chasser la malbouffe ne règlera rien du côté de l’obésité, et rien des autres problèmes liés à l’alimentation d’ailleurs, comme le cholestérol et l’hypertension (oui, il y en a qui en font dès l’adolescence). La « discipline alimentaire », c'est-à-dire apprendre à bien se nourrir, d’aliments qui goûtent bon, en quantité suffisantes sans trop d’excès, apprendre à discerner la faim de l’ennui, la satiété du « bourrage » etc. Ben ça commence à la maison pas mal. Après tout les jeunes mangent bien plus souvent à la maison qu’à l’école.
Si on veut vraiment aider à lutter contre l’obésité à l’école et bien que l’on réintroduise l’activité physique dans la période scolaire et les sports scolaires, alors là on aura un impact positif en permettant aux élèves de bouger et d’acquérir un goût pour le sport et le mouvement. C’est un domaine où il est beaucoup plus facile d’intervenir auprès d’eux dans un cadre scolaire qu’une fois retournés à la maison.
Vous voulez gardez nos jeunes minces M. Charest? Faites les jouer, en plus d’être minces ils auront du plaisir, et tiens, comme je me sens généreux aujourd’hui je vous dit : « joignez-vous à eux, vous aussi ça vous fera du bien ».