
Les montagnes, celles quel'on grimpe et celles que l'on transporte sur son dos.
Bon, après une longue absence, me revoici!
J’ai été tenu particulièrement occupé ces derniers temps par le fait que ma blondinette préférée devant repartir fréquenter les saumons et ours du Yukon (véridique), je me consacrais à la convaincre de ne pas en profiter pour tomber sous le charme d’un quelconque grizzly.
De plus la date importante approche. En effet il ne me reste que 5 semaines avant de me lancer sur les pentes du Denali en Alaska histoire de prolonger en altitude cet hiver qui fut si généreux avec nous (non mais faut être maso quand même).
Mais parlons quand même obésité un peu. Une étude de l’INSPQ et de l’Université Laval dont on parle ce matin dans le journal de Montréal révèle que l’on grossit plus en banlieue. La chose n’est pas étonnante, la voiture n’est pas seulement une des principales causes du réchauffement climatique, mais aussi une des causes de la prise de poids. Quand même aller au dépanneur demande un déplacement en voiture on a moins de chance de vivre une vie active, surtout en banlieue ou bien des endroits sont tellement conçus autour de l,usage de la voiture que les rues n’ont pas de trottoirs.
Le printemps est revenu, il fait beau, hop, allez prendre une petite marche.
Avant-hier un journaliste m’a appelé pour que je dénonce, comme une association l’avait fait, la décision du tribunal du travail de donner raison à un hôpital d’exclure une infirmière obèse de ses salles d’opération. En tant qu’ex-gros, on voulait que je cris à la discrimination par solidarité adipeuse.
Le seul problème est que je soutiens pleinement la décision d’exclure cette infirmière. Une salle d’opération est un endroit où on ne doit pas badiner avec la sécurité et quelqu’un qui n’est pas dans sa meilleure condition n’y a pas sa place, point. L’accommodement envers les obèses doit avoir une limite et pour moi elle est, cette limite, très restreinte.
Le Journal de Montréal lance son deuxième Défi diète (DD pour les intimes peut-être?). Le but : amener 10 personnes à maigrir devant vos yeux pendant 10 semaines, le tout soutenu de nutritionnistes et entraîneurs et aussi d’un « motivateur » (pourquoi ai-je le goût de crier « au secours »! à chaque fois que j’entends parler d’un de ces joviaux jovialistes?). Bref, c’est le temps des bonnes résolutions!
Pourquoi ne pas oublier? Hier soir au Yulblog on m’a posé cette question : mon obésité est du passé, pourquoi ne pas en faire véritablement du passé et passé, justement, à autre chose? La question se pose en effet. N’y a-t-il pas quelque chose de malsain dans le fait de continuer à en parler et à me définir comme un ex-obèse?
La réponse est très clair pour moi et je vais essayer d’y répondre le plus clairement possible : non. En effet, l’obésité n’est pas un accident ou quelque chose qui vous arrive par la volonté de quelqu’un d’autre ou un malheur fortuit, c’est un malheur que l’on se construit soi-même et sur lequel on possède, malgré ce que l’on peut essayer de se faire croire, une prise certaine. Comprendre son obésité, l’apprivoiser, la maîtrisé et la placer dans une perspective de vie font partie des apprentissages que chacun fait dans sa vie et on ne fait pas un apprentissage pour l’oublier par la suite.
De plus, j’ai passé près de 25 ans comme obèse, oscillant entre le rondouillet et le phénomène de cirque, c’est un peu ma culture, comme je l’ai déjà écrit, je viens de l’obésité comme d’autre viennent d’un pays, j’ai beau m’avoir bien intégré à ma communauté d’accueil des plus ou moins maigres, je reste formé à la dure école de l’adiposité abondante. J’y ai appris des enseignements précieux, j’y ai acquis, par la force des choses, des qualités importantes qui ont fait de moi quelqu’un de meilleur. J’y ai aussi acquis l’intime conviction que j’y ai appris aussi plein de choses totalement inutiles que l’on ne devrait pas avoir à apprendre, donc que je me dois à moi-même d’épargner à d’autres de passer par là ou d’aider ceux qui y sont, de changer les choses.
Il y a aussi le fait de savourer la vie au maximum. J’ai eu l’immense privilège de connaître la déchéance physique, l’incapacité de se déplacer, d’être handicapé physiquement et socialement et , contrairement à d’autres handicaps, de pouvoir y changer quelque chose. Chacune de mes randonnées est un moment de bonheur arraché à la force de mes mollets, chacun de mes sommets est une victoire sur une fin que j’ai déjà connue. Chacun de mes jours ne m’éloigne pas de ma mort, il m’en ramène.
Premièrement, dès cette semaine, commence la longue suite de repas des Fêtes et son lot de calories excédentaires et, parallèlement, le refroidissement des températures en découragent plusieurs d’êtres actifs, augmentant ainsi les possibilités de reprises du poids perdu. À la fin de décembre et au début janvier, vous serez plusieurs qui, sous le coup de la culpabilité, ferez résolution de vous abonner au gymnase ou de vous lancer sur les pistes de ski de fond. Malheureusement vous serez quasi aussi nombreux à abandonner après quelques séances trop intensives.
Il faut dire que la culpabilité d’avoir trop manger est un bien mauvais stimulant à long terme pour faire de l’exercice. En effet on a alors tendance à vouloir trop, trop vite, et commencer trop fort c’est aussi se décourager trop vite. De plus, le début janvier n’est pas nécessairement le meilleur temps de l’année pour se lancer à l’extérieur alors que la température et le climat seraient plus propices au cocooning.
La solution? Commencez progressivement à être plus actifs avant le temps des Fêtes, dès maintenant si possible. Prenez maintenant l’habitude de bouger. Vous pensez vous abonner au gym en janvier? Vous allez payer un abonnement d’un an à un centre pour abandonner au bout de trois semaines.
Je sais, je sais, je suis infidèle à mon blogue et il n’y a rien de pire, outre le Quick au bananes de mon enfance qui était un quasi crime contre l’humanité, ou du moins le bon goût.
Mais c’est que j’ai une bonne raison, je suis sur une montagne à tous les week end. Samedi et dimanche j’étais au mont Colden, dans les Adirondacks près de Lake Placid et j’allais y braconner l’hiver. Beaucoup de succès, j’en ai capturé un gros comme ça, oui, oui, je vous le jure, un hiver bien dodu, avec des flocons gros comme ça. Non je vous l’assure, regardez….

Bon bon bon. Terminé les folies, passons aux choses sérieuses. Sérieuses comme la discipline, c’est sérieux ça la discipline. Ça sonne un peu plate aussi, mais ce l’est moins qu’il n’y paraît. Donc, parlons de discipline, mais de discipline alimentaire et non ce n’est pas d’infliger une punition à votre souper mais de développer un rapport sain avec celui-ci.
C’est ce rapport sain avec la nourriture qui constitue la base de ce que je nomme la «discipline alimentaire ». Ce n’est pas une discipline basée sur la privation ou la corvée comprenez-moi bien. On a souvent tendance à croire que la discipline est une contrainte, mais se donner une discipline c’est surtout se donner un outil afin d’aller plus loin, d’atteindre ses buts, d’exercer une véritable liberté de choix sur sa vie. C’est ma discipline d’entraînement qui me prépare à atteindre le sommet des montagnes, sans celle-ci, ces montagnes me seraient entièrement inaccessibles. Suis-je libre d’aller tenter de grimper l’Everest un jour? Pas vraiment car j’aurais beau m’y rendre, avoir de grands moyens financiers, de l’excellent matériel, je ne pourrai pas le faire sans me donner une discipline pour atteindre ce but et pleinement en profiter. C’est pourquoi je ne m’astreints pas à une discipline, je ne m’y soumets pas, je me donne, je m’outille d’une discipline afin de profiter encore plus pleinement de ce que j’entreprends.
C’est la même chose pour la nourriture, si je ne me donne pas une discipline, je perds une grande partie de l’essence même de ce qu’est la nourriture : une source de plaisir. En effet, disons-le immédiatement et assumons en les conséquences : manger, c’est le fun. C’est une source de plaisir qui se renouvelle plusieurs fois par jour.
Il y a bien longtemps que nous, ou nos ancêtres, n’ont pas connu la faim ou la malnutrition. Notre plaisir de la nourriture n’est pas celui de la première bouchée solide après une semaine de jeune, n’est pas celui du morceau de viande après 3 semaines de riz bouilli. Notre plaisir réside dans la satisfaction des sens : du goût bien sur, de l’odorat, de la vue également.
Manger est une expérience des sens, c’est pourquoi il est bien difficile de ne pas développer un rapport émotif avec l’acte de manger car la satisfaction des sens est reliée directement à un aspect émotif chez chacun de nous.
Ce qui complique les choses c’est que, parfois, ne connaissant pas vraiment la faim, nous ne savons pas toujours identifier ce qui guide notre désir de nourriture. Qu’est-ce que la faim, qu’elle est la satisfaction que nous retirons du fait de nous nourrir? Est-ce que je peux faire la différence entre un ventre plein et un ventre satisfait? Ce n’est pas nécessairement la même chose vous savez.
Quelles sont les saveurs qui vous allument? Les textures? Quelles situations vous donnent le goût de vous sucrer le bec? Du salé? De l’onctueux?
Bref, une série de questions que je vous invite, dans un exercice personnel, à soupeser et à le partager si vous le désirez.
C’est la première étape d’une espèce de thérapie relationnelle entre vous et la nourriture afin de remettre véritablement le fun dans votre assiette. De remettre de saines émotions dans votre alimentation et de vous donner un peu de ventre au cœur.
C’est à suivre….
On connaît tous et, quelque part, on envie un peu ces personnes qui peuvent manger sans limite et ne semblent jamais engraisser alors que nous prenons une livre à seulement rêver à un morceau de gâteau.
Simple injustice divine? Mythe? Il semblerait bien que non, de plus en plus les connaissances scientifiques nous apprennent que oui il existe certaines prédispositions génétiques qui rendent certains individus imperméables à la prise de poids. Le dernier élément en date concerne un gène anti-obésité identifié chez certaines espèces.
Les lignées issues des porteurs de ce gène serait favorisées en temps d’abondance quand les prédateurs sont nombreux et que, plus rapides et agiles, ils seraient plus aptes à échapper aux prédateurs, alors que les autres seraient favorisées en période de disette en ayant accumulé plus de réserves.
Il est logique de penser que nous retrouvons sans doute un gène semblable chez l’humain. Après tout, nous ne sommes pas génétiquement très différents (en fait pas du tout) de nos ancêtres chasseurs- cueilleurs d’il y a quelques milliers d’années et dont la survie même dépendait de ces petits avantages.
Cependant il y a bien longtemps que nous ne sommes plus confrontés à un tigre à dents de sabre ou à une famine.
Une fois qu’on a dressé ce constat qu’est-ce que l’on fait? On peste contre la grande injustice de la vie? Ben non, il y en a des grands, il y en a des petits et on ne se refait pas génétiquement parlant (certains diront pas encore), on fait avec ce que l’on a.
Dans mon prochain billet je parlerai un peu plus du concept de « discipline alimentaire » que j’ai abordé récemment et qui mérite son entrée particulière.
La semaine dernière, le gouvernement du Québec annonçait son ambitieux projet de chasser la malbouffe des écoles du Québec afin de lutter contre l’épidémie d’obésité (En passant, c'est la troisième fois que le gouvernement nous promet ça, c'était aussi le cas en 2004 et 2006.)
Une bonne mesure? Pas vraiment en fait. Il faudrait, pour cela, que l’obésité soit le résultat de la nature de ce que l’on mange plutôt que de la quantité que l’on mange et du fait que l’on ne le dépense pas. Manger une poutine ne vous fera pas nécessairement engraisser, manger un hot-dog non plus, à terme ça vous bousillera le système cardiovasculaire, mais vous pourrez être tout à fait mince.
On peut en effet engraisser autant en mangeant une salade bien arrosée de vinaigrette qu’en mangeant une grosse graisseuse. 100 calories de fine huile d’olive de première pression à froid ne sont pas différentes de 100 calories de sauce brune (faite à partir des grands troupeaux de bruns sauvages qui parcours les plaines???) en terme de pouvoir calorique, donc de capacité de vous faire engraisser.
Je suis d’accord que l’école doit fournir une alimentation de qualité aux élèves et que plusieurs items n’ont pas leur place sur le menu d’une cafétéria scolaire. Mais quand le choix santé est un petit paquet de fèves caoutchouteuses en canne un peu tièdes dans le fond d’une assiette, il y a de quoi vous faire fantasmer sur un hot-dog moutarde-choux ou même sur le poulet frit aux épices secrètes de chose bine là, …le gars qui était habillé en blanc dans les annonces euh…l’agent Glad, c’est ça.
Mais chasser la malbouffe ne règlera rien du côté de l’obésité, et rien des autres problèmes liés à l’alimentation d’ailleurs, comme le cholestérol et l’hypertension (oui, il y en a qui en font dès l’adolescence). La « discipline alimentaire », c'est-à-dire apprendre à bien se nourrir, d’aliments qui goûtent bon, en quantité suffisantes sans trop d’excès, apprendre à discerner la faim de l’ennui, la satiété du « bourrage » etc. Ben ça commence à la maison pas mal. Après tout les jeunes mangent bien plus souvent à la maison qu’à l’école.
Si on veut vraiment aider à lutter contre l’obésité à l’école et bien que l’on réintroduise l’activité physique dans la période scolaire et les sports scolaires, alors là on aura un impact positif en permettant aux élèves de bouger et d’acquérir un goût pour le sport et le mouvement. C’est un domaine où il est beaucoup plus facile d’intervenir auprès d’eux dans un cadre scolaire qu’une fois retournés à la maison.
Vous voulez gardez nos jeunes minces M. Charest? Faites les jouer, en plus d’être minces ils auront du plaisir, et tiens, comme je me sens généreux aujourd’hui je vous dit : « joignez-vous à eux, vous aussi ça vous fera du bien ».
Bougez!
La première chose qu’il est bien important de se rappeler c’est qu’il ne sert pas à grand-chose de se priver de nourriture si on ne fait rien d’autre que ça, c’est courir un peu après l’échec. Plutôt que de courir après l’échec, courez donc un peu pour vrai. Ou, mieux, marchez. La marche est un moyen simple, accessible et pratique de se mettre tranquillement en forme. Incorporez la marche dans vos déplacements de tous les jours et faites le plus de vos déplacements en marchant. J’ai moi-même perdu mes 70 premiers kg uniquement avec mes pieds et j’en ai connu d’autres depuis qui en ont perdu presque autant simplement en marchant. Bien sur c’est en marchant plus de 15 minutes par jour. Mais dites-vous qu’un 30 minutes de marche ici et là et éventuellement plus, c’est du gagnant-gagnant, on aide la perte de poids et on se met en meilleur forme et on a plus de plaisir à bouger et c’est particulièrement important d’avoir du plaisir avec son corps…(tss, tss, j’en entends qui pensent croche).
Consommez à crédit
Vient toujours le temps où on a le goût de se payer une gâterie comme une crème glacée par une journée chaude ou un morceau de gâteau. On se déculpabilise alors en disant que l’on va marcher plus par la suite, que l’on va rouler une petite demie heure de plus pour brûler ça.
Ne vous privez pas, mais à la place faites-le à crédit : allez le dépenser avant de consommer, montez-vous un compte de « carte de crédit » gâteries et essayer de ne pas régler votre solde à la fin, vous allez voir, le cornet de crème glacé est plus petit après car on ne veux pas scraper les efforts que l’on vient de faire, mais il est aussi beaucoup plus satisfaisant à cause de ces efforts justement. Faites comme il ne faut pas faire avec votre budget : dépensez sans trop compter et gardez-vous des soldes impayés, quand il est question de poids, c’est dans ce temps-là que ça devient payant pour vrai.
Changez de linge
Un des premiers indicateurs réels du succès est la mesure du « culotte-o-mêtre » : quand vous vous sentez moins à l’étroit dans vos vêtements. Vous portiez du 48 messieurs et maintenant vous portez du 44? Désormais c’est celle-là qui est votre taille de référence. Évitez de portez vos vieux vêtements « lousses », ils vont vous donner une fausse impression que ça va pas mal vos affaires, que ça à déjà été pire. Cependant ce que vous voulez ce n’est pas d’être moins mal dans votre peau, mais d’être biens, alors on s’achète et on porte des vêtements plus ajustés que l’on remplacera éventuellement régulièrement. Moi-même, même si c’était spectaculaire, je n’ai gardé aucun de mes pantalons 72 pour montrer que je pourrais mettre deux personnes dedans. Je le sais et ça suffit. Ma référence maintenant ce n’est pas d’être moins pire que le gars qui portait du 72, mais d’être bien dans la peau du gars qui porte des 34. Ça coûte cher, mais le progrès parfois ça n’a pas de prix.

Qu'est-ce que la réussite et qu'est-ce que l'échec?
La question a l'air peut-être un peu simpliste, mais elle a son importance.
Vous me direz : « Réussir c’est atteindre ses objectifs » et vous aurez raison, mais moi je vous dirai qu’il y a peut-être d’autres formes de succès.
À peu près tout le monde dans sa vie, un jour ou l'autre, a tenté ou tentera de perdre du poids. Parfois que quelques kilos, parfois plus... et la plupart échouerons à atteindre le poids ciblé ou à le conservé une fois atteint et plusieurs se décourageront de ce fait.
Un jour je me suis levé pour aller marcher, à cet instant précis j’étais un gagnant car j’allais à l’encontre de ma propre idée préconçue que je ne pouvais pas réussir. Il y a des avantages parfois à avoir une opinion merdique de soi-même : on fini par ne plus vraiment faire confiance à ses propres doutes sur soi;). À chaque pas que je fais, dans chaque essoufflement parce que je cours, je roule, je grimpe depuis, je réussis. Ma réussite n’est pas d’avoir perdu près de 100 kg, d’ailleurs je ne les ai pas perdu, je sais parfaitement où est allé chacun de ces kilos, mais dans chaque moment que j’ai consacré à changer les choses. Aujourd’hui, plus de 8 ans après, j’ai réussi et demain matin, je réussirai et si demain j’échoue parce que je suis paresseux, gourmand ou autre, la vie sera généreuse et m’offrira une autre journée après pour réussir de nouveau.
Perdre du poids et se mettre en forme c’est comme le Boléro de Ravel que j’écoute en ce moment : un thème inlassable qui commence très discrètement, on est même pas certain qu’il est là, on le perçoit à peine, puis, le thème revient, plus fort et ainsi, de plus en plus fort en crescendo, toujours le même thème, jusqu'à l’apothéose!
Seigneur, j’écris comme un preacher! Mais au fond, retenez ceci : ne vous donnez pas d’objectif précis en terme de perte de poids, votre première responsabilité si vous n’êtes pas bien dans votre peau est d’essayer d’y changer quelque chose, et essayer, c’est déjà réussir.
Alors aujourd’hui aller marcher une petite demie heure, rouler quelques kilomètres en vélo. Aujourd’hui, aprenez à réussir.

J’ai eu divers problèmes de surplus de poids de l’âge de 6 ans à 32 ans, soit 26 ans de régimes, d’abandons, de frustrations et de variations de tour de taille. Successivement j’étais gros, j’étais rond, j’étais enveloppé et j’étais aussi victime d’obésité morbide, bien que je m’interroge sur le terme de victime.
Un jour, il y’a donc près de 9 ans, certaines choses ont changées, je suis passé d’un poids de 190kg à 90 kg, j’ai donc perdu la moitié de ma masse corporelle. Bien entendu j’ai changé mes habitudes alimentaires, j’ai fais de l’exercice, j’ai suivi un certain plan pour maigrir, mais ce n’est pas ce que je veux raconter ici. Je veux raconter un peu mon cheminement qui m’a mené à aujourd’hui et à accomplir ce que j’ai accompli pour, peut-être, inspirer quelqu’un à faire, pour lui-même, ce que j’ai fait pour moi. Également si mes écrits peuvent aider quelqu’un a éviter des erreurs coûteuses, ce sera toujours ça de gagné.Vous ne trouverez pas ici de trucs pour maigrir. Parce que ça n’existe pas les trucs pour maigrir de 50, 75 ou 100 kg. Peut-être que l’on peut perdre 1 ou 2 kg avec des trucs, mais pas des dizaines. Perdre une telle masse, de façon durable, commence entre les deux oreilles et chacun aura sa méthode plus ou moins efficace.
Je n’ai pas l’intention de faire la leçon à personne, rien ne me donne ce droit. Ma seule compétence en matière d’obésité c’est de l’avoir visitée de fonds en combles et d’en être revenu. L’Enfer existe, j’en reviens. Pas un enfer de souffrances aigues, non, il y en a des pires et d’autres ont souffert beaucoup plus que moi, mais un enfer de douleurs sourdes. Vous savez, celles qui suivent la blessure, celle qui reste après le choc, une douleur constante, une douleur d’infection.
Je l’expliquerai plus loin, mais je ne regrette pas 10 secondes du temps où j’étais obèse, curieusement je crois que cela a fait de moi quelqu’un de meilleur, mais je n’y retournerais pour rien au monde. Après tout, j’ai vécu le fantasme de bien des amateurs de science-fiction : j’ai vécu dans une autre dimension, mais je n’imaginais pas que ce serait la dimension XXXXXL.
Considérations sur l’obésité
Je crois aux dispositions génétiques, aux problèmes physiologiques et aux antécédents familiaux. Cependant je demeure convaincu que l’obésité est surtout un symptôme, une manifestation physique, d’un mal de vivre plus ou moins profond. Avoir un surplus de poids est une chose, je crois que l’on peut avoir des kilos en trop et être bien dans sa peau, Je suis cependant convaincu que l’on ne peut pas être atteint d’obésité morbide et être heureux. Le malaise physique, le malaise social, sont trop grands pour permettre le bonheur. L’obésité morbide n’est pas une manière de vivre, c’est une manière de mourir. Quand on est atteint d’obésité morbide, on meure au jour le jour, tranquillement, à feu doux.
Et, moi, je mourrais aussi. Entretenir une telle obésité c’est faire du suicide en longueur et c’est ce que je faisais, tout en ne m’attaquant pas à ce qui me donnait cette pulsion d’autodestruction. J’étais convaincu, à tors, que mon problème venait de mon poids. Et c’est très facile d’en être convaincu.
Nous vivons dans une société d’images où l’apparence physique prend le pas sur beaucoup d’autres considérations. On voit
L’obésité est un trouble pernicieux à véritablement débusquer. Contrairement à d’autres névroses, car je considère cela beaucoup comme une névrose, elle est évidente. L’entourage « voit » le trouble intérieur et y fait une fixation. À un ami dépressif on dira volontiers « as-tu consulté? », à un ami obèse on dira « as-tu pensé à un régime? » alors qu’au fond ce n’est qu’une fausse réponse. On m’a suggéré et j’ai essayé tous les régimes possibles et imaginables, je ne peux entendre, aujourd’hui, le nom de Montignac sans avoir un haut le cœur d’exaspération. Parce que les régimes pour moi ne servaient à rien, mon obésité prenait son origine entre les deux oreilles, c’était mon écran de fumée.
C’était un écran de fumée, mais c’était aussi un appel à l’aide. Mon corps ne faisait que traduire physiquement mon mal intérieur. Encore aujourd’hui j’ai de la difficulté à me voir sur des photos de cette époque. Pas parce que je me trouve repoussant, non, parce que ça me ramène à comment je me sentais et je demande comment j’ai pu le supporter si longtemps. Quand je me vois il y’a 9 ou 10 ans je ne vois pas l’obèse, je vois le gars mal dans sa peau et ça me frappe en pleine face à chaque fois. Et c’est ce mal qui était la cause de mon obésité, qui, au fond, n’était qu’un cri de détresse.
Un cri que je poussais depuis longtemps. Parce que, comme beaucoup d’enfants, un jour ou l’autre, j’ai appris à calmer mon angoisse en mangeant. Mais, pour moi, au lieu de ne faire que passer par ce stade, je m’y suis installé pour de bon et j’ai géré mon mal de vivre à coups de fourchette. Rapidement j’ai pris du poids et, tout aussi rapidement, on m’a mis au régime. J’ai donc appris très tôt à détourner mon attention du véritable problème.
Je le savais parce que j’avais déjà réalisé mon tour de magie en faisant disparaître à l’époque plus de 50 kg pour me retrouver à 85 kg quand j’avais 28 ans. Cependant ce n’était pas un numéro de magie, mais un numéro d’illusionniste. Même svelte j’étais encore aussi mal dans ma peau, j’avais encore le même malaise qui m’habitait et je ne comprenais pas pourquoi. Imaginez un peu ma désillusion : j’avais fait tout ce que je croyais nécessaire pour être heureux, j’avais mobilisé des efforts considérables pour atteindre ce but, tout ça pour me retrouver aussi malheureux à l’arrivée qu’au départ.
Inutile de vous préciser que ma chute fut brutale et, aussi, spectaculaire. En quelques années j’ai atteint, de nouveau, un poids absolument démesuré. Pensez-y, je portais du 78 de pantalons, j’avais un tour de taille plus important que ma grandeur, même les boutiques spécialisées ne pouvaient plus m’habiller. Lacer mes chaussures était devenu un sport extrême. De plus je fumais comme un déchaîné plus de deux paquets de cigarettes par jour. Il faut croire que mon suicide en longueur prenait trop de temps à mon goût, j’allais mourir à plus ou moins court terme.
Maigrir
Ainsi, j’ai enfin pu commencer à comprendre ce qui me poussait ainsi vers le gouffre et commencer ce que j’appelle maintenant ma «rédemption».
Un jour, j’ai décidé de prendre une marche. Pendant des années je n’avais pas essayé de marché longtemps parce que j’étais convaincu que je n’y arriverai pas, que c’était trop dur. Mais ce fut plus facile que je ne le croyais et je me suis surpris à me trouver bon. Tellement que le lendemain j’ai décidé de recommencer, et le jour suivant un peu plus et ainsi de suite. Depuis il n’y a que quelques journées dans toutes ces années où je n’e me suis pas entraîné de façon intensive.
L’activité physique
Les conséquences
Bien entendu il existe la chirurgie esthétique pour corriger ça, mais ça coûte très cher. De plus ce n’est peut-être pas obligatoire. Je suis maintenant relativement bien avec mon corps, bien que je n’irais pas jouer l’exhibitionniste. Vous savez, il y a vingt ans j’ai vécu un peu en Afrique chez les Kabyés du Togo, un peuple ou les hommes, quand ils passent à l’âge adulte, pratiquent la scarification rituelle. Ils se coupent la peau du visage pour marquer leur passage à l’âge adulte et leur appartenance à la communauté. Mon corps porte ses propres scarifications. Il porte les marques de plus d’un quart de siècle d’obésité, mais, ces marques, je les portes comme les cicatrices d’un noble et dur combat que j’ai gagné, et que je gagne encore chaque jour. Quand, aujourd’hui je vois, dans le vestiaire d’un gymnase, le regard de quelqu’un s’arrêter sur la peau flasque de mon ventre, je le prends comme un hommage à ma lutte. Comme si je suis dépositaire d’un savoir unique et bénéfique. Mon corps raconte une histoire, mon corps raconte mon histoire et elle n’est pas honteuse.
Au départ j’ai écrit que je ne regrettais absolument rien du temps où j’étais obèse, malgré les souffrances, malgré les cicatrices, malgré tout. Parce que je suis convaincu que cette expérience dans la dimension extra-extra-large m’a permis de devenir quelqu’un de meilleur.
Et c’est vrai pour plusieurs aspects de ma personnalité. On ne recommence pas sa vie, on la poursuit avec l’équipement que l’on a. J’avais le choix de regretté mes années, de m’en vouloir de n’avoir pas maigrit plus tôt ou bien d’en tirer les fruits, d’en retenir des enseignements précieux. Mon obésité, mes angoisses, furent pour moi un outil de développement personnel extraordinaire. Pour gauchement paraphraser Saint-Éxupéry : Je viens de l’obésité comme on vient d’un pays, c’est ma terre natale.


Bien entendu nous ne sommes pas tous égaux devant la prise de poids, certains engraissent beaucoup plus facilement que d’autres et nous connaissons tous des gens qui mangent en grande quantité sans prendre un gramme, c’est peut-être injuste quelque part, mais le jour où on se retrouve obèse ça ne change rien aux faits : ce n’est pas le voisin qui doit maigrir, c’est soi-même, la justice ou l’injustice de la situation n’ont rien à y voir. Je ne veux surtout pas culpabiliser les obèses morbides, de nombreux facteurs familiaux et sociaux encouragent la prise de poids et c’est loin d’être entièrement de leur faute s’ils sont obèses. Mais si la prise de poids n’est pas de leur faute, maigrir demeure leur responsabilité et pour ce faire il existe beaucoup de solutions dont la vaste majorité réside dans une alimentation plus saine, plus d’activité physique et l’adoption d’une meilleure hygiène de vie.
Je ne parle pas de vivre une vie plate remplie de festins de crudités moroses, je parle d’une alimentation variée, savoureuse que l’on déguste avec un plaisir constamment renouvelé, je parle d’une vie aussi que l’on savoure. Je parle aussi du plaisir de se sentir fort, en forme et actif, que son propre corps redevienne une source de satisfactions et de bien-être plutôt qu’une source de douleurs et de honte. Imaginé un peu, quelques secondes seulement, la satisfaction que j’ai pu ressentir en janvier dernier alors que je me tenais au sommet de la plus haute montagne des Amériques, l’Aconcagua alors qu’il y a moins de dix ans je ne pouvais même grimper un étage sans me reposer trois fois.
Entre les deux je ne me suis pas fait opéré et il n’y a pas eu de miracle, je n’ai pas changé de génétique ou de prédisposition naturelle à l’obésité et je ne ne suis pas devenu un être d’une volonté de fer, si je l’avais été je ne me serais jamais rendu à plus de 190 kg, mais, par contre, après avoir été endurant, je suis devenu persévérant. Après avoir enduré les malaises, la douleur et les maladies pendant des années j’ai décidé de consacrer toute ces énergies perdues à en faire de la persévérance et, croyez-moi, c’est beaucoup plus facile.
La chirurgie bariatrique fait partie des solutions, mais elle est et doit rester une solution de dernier recours qui, oui, reste nécessaire pour certaines personnes et c’est bien vrai que l’obésité tue : l’obésité n’est pas une façon de vivre, c’est une façon de mourir. Cependant la première personne qui peut changer les choses ce n’est pas le chirurgien, c’est l’obèse lui-même. Faire la promotion de solutions remettant la responsabilité première de la perte de poids en d’autres mains que celle de la personne qui a le problème de poids est un leurre, même pour des gens extrêmement obèse.
Oui c’est difficile, oui c’est décourageant et les excuses ne manquent pas pour renoncer, mais, si le défi est immense, la récompense est encore plus grande. De plus, cette prise en mains par soi-même à un avantage incroyable : on n’a pas besoin d’être inscrit sur une liste d’attente pendant des années, on peu commencer dès maintenant.