dimanche 15 novembre 2009

Les faux sommets


Quand on fait de la montagne, on apprend rapidement à connaître un phénomène extrêment frustrant: les anté sommets (de anté, avant) ou, si vous préférez, les faux sommets. C'est tout simplement que, quand on grimpe, souvent on pense approcher du sommet, l'avoir à porté de la main, ou du pied, être sur le point de l'atteindre, pour découvrir que ce n'était qu'une butte et que le vrai sommet est plus loin, et encore, ce n'est peut-être qu'une butte là-aussi.

Ça peut affreusement être décourageant et l'expérience n'y fait rien. On pourrait croire qu'un grimpeur expérimenté ne se laisserait plus aller à l'illusion que le sommet est proche. Mais il n'en est rien. On veut y croire, votre corps au complet veut y croire, vos sens veulent y croire. Alors, vous avez beau savoir, quand vous constatez que le sommet n'est pas là, ça vous scie les jambes et il faut redoubler de volonté pour poursuivre vers le véritable sommet.

Je compare mon année qui se termine à une succession de faux sommets. Dans plein de domaines: professionnel et affectif, j'ai cru, j'ai voulu croire, que j'avais atteint un sommet, un objectif, qu'après tant d'années, je touchais enfin au but. Quand j'ai constaté que mon fabuleux sommet n'était finalement qu'un vulgaire button, j'ai vraiment déchanté et reprendre la route n'a vraiment pas été facile, mais je crois que j'y arrive tranquillement.

Ceux qui ont lu mon blogue depuis le début savent mon problème de peau abondante que je considère comme les cicatrices nobles de mon combat contre l'obésité. Et bien j'ai décidé tout dernièrement que j'avais terminé ce combat contre l'obésité, que j'avais vaincu cette obésité chaque jour de ma vie depuis maintenant plus de 10 ans, que je n'avais, là-dessus, plus rien à prouver, plus rien à me prouver. Pour marquer la fin de cette guerre, mardi, j'ai rendez-vous avec un chirurgien plasticien afin de faire évaluer le travail et, en resdescendant de ma montagne, je me ferai retirer ce surplus de peau. Je ne suis plus en guerre, je n'ai pas besoin d'uniforme.

C'est certain qu'aucune opération ne me donnera un corps d'Appolon. J'aurai toujours un ensemble assez spectaculaire de cicatrices, mais je ne me reconnais plus dans ce vêtement de peau trop grand. Je ne referai pas le passé, mais j'améliorererai l'avenir.

Voilà, je vais continuer vers un autre sommet et j'aurai certainement encore pas mal de déceptions et de faux sommets, mais, dans deux semaines, en allant vers ma montagne en Argentine, j'irai retrouver l'essentiel: moi. Car on ne peut faire de la montagne si on ne sait pas, quelque part, retrouver son essence.


lundi 26 octobre 2009

J'y ai cru


Vous auriez fait ma conaissance au printemps dernier et vous auriez rencontré un homme qui jugeait très sévèrement son bonheur comme étant parfait. Mon travail me passionait et j'y réussissais des coups de maitre, je déterrais les scandales et dénouais l'intrigue avec une aisance extraordinaire. Je travaillais au sein d'une équipe du tonerre et je m'épanouissais professionellement.

Mes projets d'ascencion ne manquaient pas d'ambition et je me mettais à rêver sans retenue de sommets nouveaux. J'en avais un pas mal du tout d'ailleurs qui mijotait lentement sur le feu et ça embaumait bon les Andes dans mon ciboulot.

Et au niveau personnel, ouhaa!!!Alors là les amis, gros lot, j'avais rencontré une femme extraordinaire, belle, magnifique, rayonante qui portait en elle onze mille six cent quarante trois bonnes raisons pour que j'en tombe amoureux et comme moi, en temps normal, il ne ne m'en faut pas plus que 3 ou 4....

Bref, je me sentais bon, je me sentais fort, je me sentais beau, dans tous les aspects de ma vie, la perfection elle-même jalousait ma vie, c'est vous dire.

Je ne sais pas ce qui a foiré en premier. Peut-être est-ce le travail en fait, car au début juin, le contexte a changé et, tout à coup, les choses sont devenues plus difficiles, les beaux rouages qui roulaeint allégrement commençaient à faire entendre un couic-couic inquiétant. Mais tout le reste allait si bien.

Ensuite, c'est ma belle histoire d'amour qui a rapidement fait des couic-couics et s'est tristement écrasée. Pourquoi? Parce que, tout simplement. Ce fut d'une immense tristesse pour moi, mais le reste allait si bien.

Et puis, c'est mon projet de montagne qui a commencé à s'écrouler et j'ai du faire des acrobaties pour essayer de le sauver. Ce fut une grande source de stress, mais le reste allait...au fait, où était le reste qui allait si bien?

Disons donc simplement que, depuis quelques mois, j'ai vraiment l'impression de pédaler contre un vent qui souffle de plus en plus fort, surtout lors des dernières semaines.

En effet, ceux qui me connaissent et savent mon domaine de travail (la politique municipale) ne seront pas surpris que je dise que les derniers jours furent des plus bouleversants. Mon ex-patron, mais toujours ami, la précision est importante, a alimenté toutes les conversations de machine à café au cours des dernières semaines pour avoir d'abord soutenu publiquement une chose pour, ensuite, révéler, très publiquement, l'étendue de ses fautes et causer une tempête qui secoue Montréal depuis près de deux semaines. J'ai cru cet homme pour la simple et bonne raison que c'est un ami et je l'ai défendu bec et ongles devant tous. J'ai été fortement ébranlé, sonné, quand j'ai su qu'il avait menti ,qu'il m'avait menti, comme un grand coup en plein plexus.

Je pourrais regarder mon année qui se termine et la voir comme une perte. Une année où j'aurais perdu mes projets, mon épanouissement professionnel, l'amour et la ma foi en l'amitié. Mais, curieusement, ce n'est pas le cas. Je n'ai rien perdu, en fait j'ai gagné beaucoup au cours de cette année.

Je n'ai pas perdu l'amour car j'ai gagné une plus qu'amie hors du commun. Je considère en effet que je suis devenu beaucoup plus proche de cette femme que je ne l'étais quand j'avais la prétention d'être son amoureux, nous avons une complicité si exceptionnelle que je ne crois pas pouvoir imaginer deux êtres plus complices que nous le sommes. Alors, ai-je perdu quelque chose? Pas du tout, je suis, au contraire, encore le plus chanceux des hommes d'avoir une telle personne dans ma vie.

Ma montagne de son côté? J'y vais dans quelques semaines, mon projet est toujours vivant, ce ne serait pas le cas que ce ne serait pas dramatique. Aimer les montagnes à ceci d'avantageux qu'elles sont patientes, elles ne bougent pas et nous attendent, si je n'y vais pas maintenant, j'irai plus tard, elles m'attendront. Mais cette année, j'irai, après un peu plus d'efforts, mais avec encore plus de plaisir.

Et ma foi dans l'amitié? En fait, je suis super content de celle-là. En effet, après 12 ans de travail dans un milieu où, en principe, règne la magouille, la duperie, la stratégie. et la tromperie, mon premier réflexe fut... de croire un ami, parce qu'il est mon ami. Suis-je fâché de m'être fait mentir? Non, je suis fier aujourd'hui, parce malgré tout, j'y ai cru et avoir foi en l'amitié, y croire, c'est merveilleux.

vendredi 11 septembre 2009

L'heure du conte

Je sais, je n'ai pas été très fidèle cet été. Celui-ci ne fut pas de tout repos. Mais je ne suis pas sur terre pour me reposer, alors je ne m'en plaindrai pas. Ça ne veut cependant pas dire que je n'ai pas écris un peu et c'est ce que je veux vous partager.

Quand je suis aller grimper le Kilimandjaro, il y a maintenant un peu plus de 4 ans, on m'a demandé d'écrire un petit texte pour parler de la dernière nuit sur la montagne. Après plusieurs jours de page blanche j'ai finalement débloqué en m'inspirant de mon écrivain fétiche; Antoine de Saint-Éxupéry et son trop célèbre Petit Prince. Ce qui, au départ, n'était qu'une petite phrase pour lancer un texte est devenu un conte en soi, qui fut éventuellement agréementé de mes photos, devint un album, fut lu et apprécié, partagé. Ensuite, avec d'autres montagnes vinrent les suites à la demande général.

Au cours des dernières semaines j'ai terminé le dernier qui était en chantier depuis plusieurs mois.

Voici donc l'ensemble de ces textes.

Les liens sont dans l'ordre. Vous pouvez utiliser la fonction plein écran et défiler les pages une à une. Bonne lecture.








dimanche 12 juillet 2009

Manger ses émotions et manger une volée


Quelques réflexions d'un samedi pluvieux. Pour les gens qui ont lu l'ensemble de mon blog, celles-ci seront un peu redondantes. Je ne m'en excuse pas , ma prise en charge est essentiellement un exercice de redondance et je suis un être de redondance. C'est peut être aussi pour cela que je suis si à l'aise sur les montagnes: elles sont des bêtes d'habitude et de routine.


Quand on y pense, grimper une haute montagne est une journée d'effort soutenu...répétée 20 fois de suite et une journée de sommet n'est que le même pas, répété 18 000 fois. Dans mon existence j'ai donc un moment charnière qui se situe il y a une dizaine d'années suivi d'une longue marche dans une direction générale qui a été adaptée en fonction du terrain sur lequel je progressais.


C'est dire que prendre son ou ses problèmes en charge constitue un engagement que, quelque part, on recommence tous les matins. Existe-t-il un point où l'on peut dire que l'on est arrivé quelque part, que le chemin est terminé? Je ne crois pas ou, du moins, je n'y suis pas encore parvenu. Au point de vue de l'engagement envers moi-même, c'est un éternel recommencement, tous les jours.


Quand on se prend en mains on ne change pas le monde, on ne se change pas soi-même, on change sa propre capacité de faire face au monde et sa propre perception de cette capacité. On n'efface ni ne change le passé, on l'apprivoise et on l'accepte. Aussi merdique soit-il, il fait partie de soi. Il nous appartient d'en faire une base, une inspiration, un tremplin etc qui nous permettra d'aller plus loin. Je crois, non je sais, que mon obésité m'a donné l'apprentissage et la motivation de devenir un meilleur homme. Je le dis bien sincèrement: « Dieu merci j'ai été obèse, j'aurais aussi bien pu rater ma vie! ».


Mais pour cela j'ai accepté mon passé et pris conscience de mes peurs et de mes angoisses, j'ai appris à vivre avec mes doutes. Ma petite « voix » intérieur qui doutait, certains de mes instincts destructeurs, sont toujours là. J'ai les mêmes peurs, les mêmes angoisses et le monstre qui se cachait sous mon lit quand j'étais enfant si terre toujours (Sauf que, maintenant, c'est lui qui a peur de moi:).


Ce qui a changé essentiellement c'est que, confronté aux mêmes choix qu'autrefois, je les fais maintenant en me basant sur mes désirs sincères et mes valeurs plutôt que sur mes peurs. Je rencontre encore aujourd'hui les mêmes émotions que je gérais autrefois à grandes assiettes, sauf que maintenant j'y répond autrement. Je rencontre les mêmes frustrations et les mêmes revers qu'autrefois, je dirais même que, bizarrement, j'en souffre peut-être plus qu'autrefois. Autrefois je fuyais et je m'engourdissait pour en ressentir le moins possible, aujourd'hui j'accueille cette souffrance comme une occasion de grandir. Comprenez-moi bien: je ne recherche pas la douleur et la frustration du tout, mais l'anticipation de cette douleur ne me fait plus peur et ne m'empêche pas d'agir.

Quand j'entreprends de grimper une montagne, je sais très bien que je vais souffrir, et parfois souffrir énormément, mais je sais que si je dois dépasser cette souffrance, lui faire face, pour atteindre mon but. Mon choix et mes pas sont guidés alors par le désir du succès et non par l'anticipation de la souffrance.


La même chose s'applique à ma vie de tous les jours; mes choix ne sont pas dénués de souffrances et de claques que je prends en pleine gueule. J'ai, tous les jours, le goût de fuir devant des difficultés qui m'apparaissent immenses et insurmontables et parfois encore je le fais. Mais, la plupart du temps, je suis incapable de le faire parce que cela ne correspond plus à ce que je suis. Mais, tous les jours je suis confronté, malgré tout, à mes doutes et à mes angoisses et, tous les jours je dois m'assurer de garder le cap, c'est un éternel recommencement. Mais si mes choix restent guidées par mes désirs sincères et mes valeurs je ne me tromperai jamais, je souffrirai peut-être, ce sera difficile parfois assurément, mais je ne me tromperai pas.


Je ne sais pas si vous me suivez?


Je l'espère. Enfin, pour résumer, vous savez la différence essentielle entre le moi d' il y a 10 ans et le moi de maintenant? Peu de choses, la principale étant que si maintenant je sais que je vais manger des claques sur la gueule, je sais aussi que celle qui va me mettre KO n'a pas encore été inventée.

Bon, vous m'excuserez, j'ai un monstre sous le lit auquel je dois aller sacrer une volée.

mercredi 1 juillet 2009

Une petite rando en haut de Katahdin dans le Maine

1er sommet from François Morin on Vimeo.

mardi 2 juin 2009

La persévérance

Parlons un peu de persévérance, qui est un peu la notion qui relie mes deux sujets principaux : l’obésité et la montagne.

En effet, s’il y a de nombreux parallèles à établir entre les deux, il reste que c’est la persévérance qui en reste l’ingrédient essentiel pour les deux. C’est la farine du pain, la fraise de la confiture et le « vous voulez pas le savoir » du kool-aid, bref, pour triompher de l’obésité comme de la montagne, il faut savoir persévérer.

C’est bien beau dit comme ça, mais au-delà de la formule, qu’est-ce que la persévérance?

Au 15ième siècle, Charles de Valois-Bourgogne, dit « le téméraire » avançait l’aphorisme suivant : « Il n’est point nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » une formule qui sera reprise un siècle plus tard par Guillaume d’Orange-Nassau, dit « le taciturne ». Ce qui m’amène à quelques réflexions : ces gens étaient vraiment masochistes, avaient des surnoms étranges, mais vaut mieux sans doute être connu comme le téméraire que comme le beige pâle et, finalement, avaient partiellement raison l’absence de succès nécessaire ou non à la persévérance.

Je m’explique, car cela nécessite des explications. Bien entendu je crois qu’il est nécessaire d’avoir un certain espoir pour entreprendre quoi que ce soit. Quand je me lance sur les pentes d’une montagne, j’ai l’espoir de réussir à atteindre son sommet, quand j’entreprends de perdre du poids, j’ai l’espoir de maigrir. Mais, si cet espoir est un déclencheur qui amorce ma démarche, qu’est-ce qui me fera continuer?

C’est là qu’arrive la persévérance, qui n’est pas que la capacité de continuer malgré les difficultés, c’est beaucoup plus que ça. La persévérance est une jauge à laquelle on mesure l’intensité de notre conviction, c’est dans la persévérance que je démontre que je crois que si je ne réussis pas aujourd’hui, je pourrai peut-être réussir demain.

Ce qui est fantastique avec la persévérance, c’est qu'elle porte en elle-même sa récompense, qu'elle porte en elle-même son succès. Le fait d'avoir persévérer apportera une fierté même dans l'échec du premier objectif, un enseigment important, un élément clé, une valeur à l'entreprise. Persévérer, c'est croire en l'importance de ce que nous faisons.

Alors, inutile de réussir pour persévérer? Non, car persévérer, c'est réussir.

lundi 1 juin 2009

Pour l'inspiration

Pour l'inspiration, la chronique d'Yves Boisvert de ce matin.


mercredi 25 mars 2009

Denali


Denali from François Morin on Vimeo.

mardi 24 mars 2009

Aconcagua


Un défi pour le coeur from François Morin on Vimeo.

lundi 9 mars 2009

Prochain épisode

Comme j’ai terminé récemment le cycle du Dénali, il est maintenant temps pour moi de se lancer dans la préparation de ma prochaine montagne, ou mes prochaines montagnes dans ce cas. En effet, si tout va bien , à l’hiver prochain je retournerai en Argentine pour aller me promener dans la cordillera de Ramada,  un petit groupe de montagne à 70 km au nord de l’Aconcagua que j’ai déjà conquis en 2007.

Bien que la notion  de « conquête » soit ici bien relative. La conquête du sommet n’étant qu’un moment bien court au milieu d’une vaste entreprise de longue haleine, comme bien d’autres conquêtes en fait.

Je retourne en Argentine essentiellement pour deux raisons : je n’aurai pas de véritables vacances avant l’hiver prochain, ce qui limite mes destinations possibles à  l’Amérique du Sud et, seconde raison, l’Argentine, c’est vachement bien comme endroit pour qui veux se récompenser d’avoir tutoyer un beau sommet et embrasser une superbe vue. La bouffe, le vin et la douceur de vivre vous donne le goût d’apprendre le tango et d’apprécier le bandonéon.

Ces montagnes devraient êtres moins harassantes que la dernière, mais je les espères aussi passionnantes. 

dimanche 1 mars 2009

Dénali, c'est fini

Vendredi dernier j’ai finalement présenté mon film sur le Dénali. Une soirée bien réussie, les gens présent ont, je crois, bien apprécié. Cette présentation venait conclure ce cycle de montagne, un cycle qui comprend toujours les éléments suivants : préparer, grimper, revenir, raconter. Maintenant que le Dénali est raconté, je pourrai passer à la montagne suivante.

Mais, auparavant, je vous partage une dernière réflexion qui, un peu, fait le pont entre mon amour disproportionné de la montagne et mon poids d’il y a une dizaine d’années, tout aussi disproportionné.

En faisant le montage du film, j’ai remarqué que je n’avais que des images des moments les plus faciles de notre aventure, que, bien évidement, dans les moments de grandes difficultés, quand, écrasés sous l’effort, dans des vents de 90 km heure, je remettais en question ma santé mentale de m’être plus que volontairement foutu dans ce trouble là, et bien j’avais beaucoup d’autres préoccupations que celle de sortir la caméra afin d’immortaliser mon désarroi. Ce qui fait, qu’au bout du compte, j’ai des images de paysages grandioses, de montagnes magnifiques et de bouffe à profusion et que le résultat final donne un film qui célèbre plus le bonheur et les bons côtés de la montagne, que ses difficultés, et c’est bien parfait ainsi. Comme pour tout projet important couronné de succès, on retient finalement tout des bons côtés de l’aventure pour oublier les douleurs et contretemps. Mon film reflète parfaitement cela.

De toute façon comment pourrait-on traduire adéquatement les difficultés de la montagne en image? Sur l’Aconcagua j’avais trouvé une prise de vue parfaite pour l’exprimer en filmant mes pieds avancer péniblement sur le sol rocheux au son de ma respiration plus qu’haletante. Efficace. Mais sur le Dénali rien ne pourrait traduire adéquatement les moments les plus pénibles. Par exemple, comment traduire le jour de notre passage entre le camp III et le camp IV quand la tempête de neige nous a frappé entre deux pentes? En moins de deux minutes nous étions emmitouflés dans nos plus épais manteaux, avec nos lunettes de ski et tout ce qu’il fallait pour affronter le vent et le froid. Sur le Dénali les tempêtes arrivent vite (celle-là laissa 25 cm de neige en moins de 30 minutes) mais repartent aussi vite et quand le soleil est ressorti nous étions tous en progression sur une pente glacée appelée Squirrel Hill avec aucun moyen de nous arrêter avant le sommet. Habillés comme le bonhomme Michelin, exposés en plein soleil sur un immense réflecteur de glace, nous étions dans vrai four. Il faisait si chaud et la seule chose que je pouvais faire c’était de serrer les dents en regardant la sueur qui remplissait mes lunettes comme l’eau remplie un masque de plongée. J’aurais voulu mourir à chaque pas avant d’arriver sur le plat pour pouvoir enfin enlever nos manteaux. Trois fois dans cette journée le temps nous a fait le coup des changements brusques et c’est pratiquement dans un état second que je suis parvenu au camp IV. Assis là, je pouvais voir le fameux « headwall », une paroi de 1000 m de haut avec des sections à plus de 50 degrés, et j’avais seulement le goût de brailler en pensant qu’il faudrait passer par là les jours suivants. On traduit ça comment dans un film?



Comment traduire en images les dernières heures du retour du sommet, quand nous revenions vers le camp après près de 15 heures de marche avec juste un peu d’eau et de chocolat? Je vous le demande, parce que moi je ne sais vraiment pas, dans ma tête j’étais plus loin que l’épuisement, c’était le vide total, un vrai zombie. Une semaine plus tard, à ce même endroit, dans les mêmes circonstances, un jeune Indonésien de 21 ans va se retourner vers son guide, dire « I can’t go no more » et mourir drette-là, son coeur ayant flanché.


En fait, tout ça ne se traduit pas en images, ça se vit, ça se traverse, et ça s’oublie. Quelques jours après m’être désespéré au pied du « headwall », je grimpais celui-ci quasiment au pas de course (quasiment étant ici un terme tout à fait relatif) et les derniers mètres avant le retour au camp étaient bien loin trois jours plus tard après ma première douche en trois semaines et le retour à la civilisation.

Ce long détour par l’Alaska pour revenir un peu à l’obésité. C’est peut être pour cela que j’aime tant la montagne, je m’y sens comme chez-moi, peut-être parce que ma vie d’obèse m’y a bien préparé, peut-être parce que c’est un peu revenir à la maison, aussi inconfortable fut-elle. Bien entendu, je pourrais vous refaire la boutade que je fais assez souvent en disant que, finalement, porter des charges énormes en étant constamment essoufflé n’est pas bien différent du temps de mon obésité ou je fumais deux paquets de cigarettes par jour, c’était de l’entraînement intensif au fond. Mais c’est plus que ça.

Comme je l’ai déjà écrit, je crois que j’ai gardé le meilleur de mon obésité, que j’en ai gardé les bons apprentissages. Attention, pas les bons côtés, il n’y a pas de bons côtés, mais il y a, comme dans toute chose, des choses à saisir, à apprendre, et je crois que j’ai appris les bonnes, pour oublier les mauvaises. L’obésité m’a donné l’occasion de devenir un homme meilleur et je crois avoir saisi cette occasion. Aujourd’hui je pense aux difficultés que j’ai connu étant obèse et j’y ai un rapport très distant, je me demande encore comment j’ai pu les supporter, comme si quelqu’un d’autre les avait vécus. Peut-être est-ce un peu le cas, quand je ressort mes photos de gros, comme je l’ai fait vendredi pour passer un message, je ne peu m’empêcher de penser que ce François là, avec ses 190 kg bien comptés, était pas mal plus fort que je ne le serais jamais. J’ai pris ma retraite de ce côté-là.

Enfin il en va ainsi un peu de la montagne et de l’obésité : les difficultés sont bien relatives alors que les bonheurs sont absolus une fois que l’on en est revenu. Reinhold Mesner, assurément le plus grand et le plus détestable des himalayistes répondait ainsi à la question du « pourquoi grimper et risquer sa vie ainsi? ». « Pour se sentir revenir à la vie après ».

Perdre du poids vous apparaît peut-être comme insurmontable, mais ne pensez pas à la difficulté d’aujourd’hui, mais au bonheur demain, d’avoir réussi.

mardi 10 février 2009

La prise en charge

Fin de ma période de dormance.

Après les derniers mois qui furent consacrés à me remettre de ma dernière montagne et à lancer quelques projets montagnards, je reviens à l'entretien, irrégulier, de ce blogue. Il est de ce blogue comme de mes plantes vertes : je ne l'entretien pas assez, mais ça veut vire et ça survit.

Aujourd'hui je voudrais vous parler de « prise en charge ». En effet, ma tête de turc préférée en matière d'obésité, la Coalition contre l'obésité morbide (lepoidsquitue.com), après sa propre période de dormance, vient de refaire une sortie pour s'insurger contre le fait que le gouvernement Ontarien fait appel à un chirurgien québécois pour pratiquer des chirurgies gastriques sur des obèses ontariens alors que les listes d'attente pour de telles chirurgies sont pleine au Québec.

Bon, mes lecteurs connaissent mon aversion pour le message véhiculé par cette coalition, mais je vous invite à consulter leur site et à vous faire une idée par vous-même. Je n'aime pas leur message, je le trouve même nuisible dans sa façon, mais c'est mon opinion personnelle. Ils prétendent que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère la chirurgie comme étant la seule méthode efficace pour lutter contre l'obésité morbide, alors que la position de l'OMS est beaucoup plus riche et nuancée et considère la chirurgie comme étant UNE solution efficace dans certains cas. ( Obésité : prévention et prise en charge de l'épidémie mondiale, OMS, Genève, 2003, 300 p.)

En fait l'OMS considère la  chirurgie comme étant une solution de dernier recours quand la prise en charge normale à échoué. Ce qui nous fait un bien long détour afin d'arriver au sujet d'aujourd'hui : la prise en charge.

Qu'est-ce que c'est? La prise en charge c'est l'ensemble des moyens entrepris afin de prévenir, limiter, contrecarrer et éliminer un problème de poids. Un ensemble de moyens qui sont toutefois placés sous la responsabilité de quelqu'un : parent, médecin, la personne elle-même etc. Par exemple, la chirurgie représente une prise en charge du problème d'obésité par le corps médical.

Pour moi la question importante étant : qui doit être responsable de cette prise en charge? Et la réponse elle-même étant tout aussi importante : la personne avec le problème de poids elle-même doit être responsable de cette prise en charge.

Comme je l'ai mentionné souvent, bien qu'il existe de nombreuses injustices sur terre quand au métabolisme de chacun, aux gros os et au sunday au chocolat, une fois que tu es gros, ce n'est pas le voisin qui va pouvoir maigrir pour toi, il ne sert à rien d'attendre après ça, on ne maigrit pas pour faire plaisir à son médecin, même pas pour faire plaisir à sa mère, mais bien pour soi.

Cependant ça ne veut pas dire que ça doit se faire seul. C'est sans doute là que le Québec est le plus déficient, pas dans la chirurgie, mais dans l'accompagnement, dans le soutien que devrait recevoir la personne qui désire se prendre en mains.  Ça , c'est plutôt pauvre. Si on devait se battre pour de meilleurs services aux obèses (et peut-être le devrait-on) on devrait surtout se battre pour de l'accompagnement, des psychologues, des groupes de soutien, de la sensibilisation, de vrais services, bien avant de se battre pour des tables d'opération. Parce que la chirurgie la plus efficace contre l'obésité, c'est bien celle qui ne sera jamais nécessaire.

vendredi 25 juillet 2008

Denali

Voilà,un autre sommet d'atteint. Denali (McKinley) 6194 m, la plus haute montagne d'Amérique du Nord. Un peu frais, surtout vers la fin.


lundi 5 mai 2008

De retour

Bon, après une longue absence, me revoici!

J’ai été tenu particulièrement occupé ces derniers temps par le fait que ma blondinette préférée devant repartir fréquenter les saumons et ours du Yukon (véridique), je me consacrais à la convaincre de ne pas en profiter pour tomber sous le charme d’un quelconque grizzly.

De plus la date importante approche. En effet il ne me reste que 5 semaines avant de me lancer sur les pentes du Denali en Alaska histoire de prolonger en altitude cet hiver qui fut si généreux avec nous (non mais faut être maso quand même).

Mais parlons quand même obésité un peu. Une étude de l’INSPQ et de l’Université Laval dont on parle ce matin dans le journal de Montréal révèle que l’on grossit plus en banlieue. La chose n’est pas étonnante, la voiture n’est pas seulement une des principales causes du réchauffement climatique, mais aussi une des causes de la prise de poids. Quand même aller au dépanneur demande un déplacement en voiture on a moins de chance de vivre une vie active, surtout en banlieue ou bien des endroits sont tellement conçus autour de l,usage de la voiture que les rues n’ont pas de trottoirs.

Le printemps est revenu, il fait beau, hop, allez prendre une petite marche.

lundi 28 janvier 2008

La chirurgie

Encore la question de la chirurgie aujourd'hui avec le Dr Garrel, endocrinologue, qui, bien que faisant la promotion de celle-ci, pose une approche beaucoup plus nuancée que beaucoup d'autre. Pas vraiment entièrement d'accord, mais c'est à écouter.

Sur l'émission de Christiane Charette.

jeudi 24 janvier 2008

Discrimination?

Avant-hier un journaliste m’a appelé pour que je dénonce, comme une association l’avait fait, la décision du tribunal du travail de donner raison à un hôpital d’exclure une infirmière obèse de ses salles d’opération. En tant qu’ex-gros, on voulait que je cris à la discrimination par solidarité adipeuse.

Le seul problème est que je soutiens pleinement la décision d’exclure cette infirmière. Une salle d’opération est un endroit où on ne doit pas badiner avec la sécurité et quelqu’un qui n’est pas dans sa meilleure condition n’y a pas sa place, point. L’accommodement envers les obèses doit avoir une limite et pour moi elle est, cette limite, très restreinte.

Le monde est fait pour les gens normaux de corpulence et c’est bien ainsi, car ici l’anormalité tue. Le problème n’en est pas un d’être un peu large du cul, le problème en est un d’obésité, de maladie. Si j’adapte le monde à la pathologie alors j’accepte que cette pathologie soit partie de la normalité et je ne l’accepterai jamais

jeudi 10 janvier 2008

Le Défi Diète?

Le Journal de Montréal lance son deuxième Défi diète (DD pour les intimes peut-être?). Le but : amener 10 personnes à maigrir devant vos yeux pendant 10 semaines, le tout soutenu de nutritionnistes et entraîneurs et aussi d’un « motivateur » (pourquoi ai-je le goût de crier « au secours »! à chaque fois que j’entends parler d’un de ces joviaux jovialistes?). Bref, c’est le temps des bonnes résolutions!

Ce que j’en pense? Hum… Discutable comme approche, bien que je crois que ça peut faire plus de bien que de mal. J’en ai un peu contre ces stratégies qui commencent en grandes pompes comme lorsque l’on annonce la construction d’un nouveau pont ou d’une autoroute. Le secret d’une perte de poids durable n’est pas le grand coup du départ mais la persévérance dans le temps. Ce n’est pas un chantier avec un début et une fin, c’est une réévaluation globale de ses habitudes de vie. Donc c’est un peu pour toujours qu’il faut envisager la chose.

Par exemple, prenons pour acquis que vous êtes gros/grosse (désolé de vous l’apprendre), ce n’est pas de l’inné, c’est de l’acquis, donc il y a quelque chose dans vos habitudes de vie qui vous a amené là. Je ne parle pas des causes de vos mauvaises habitudes (ennui, faible estime de soi, traumatisme etc.) mais de vos mauvaises habitudes elles-mêmes. Ça peut être de bien nombreuses choses : vous mangez des cochonneries, vous mangez à n’importe quelle heure et sur le pouce, vous ne bougez pas assez etc.

Donc, première étape du Défi François 2008-2080 : identifiez la cause principale de votre prise de poids au cours des deux dernières années. Ce devrait être facile à identifier car la prise de poids n’est le résultat que d’une chose : on absorbe plus que ce que l’on dépense. Alors je vous laisse quelques jours pour y réfléchir.

mercredi 19 décembre 2007

Obésité et fast-food

Une étude albertaine récente fait le lien entre la densité des commerces de fast-food dans une ville et la prévalence de l'obésité. Il semble que plus il y'a un rapport élevé de fast-foods en proportion de la population et plus celle-ci est obèse.

Ce n'est pas vraiment surprenant si l'on considère que c'est pas parce que c'est des calories vides que ce n'est des calories.

J'ai beau être un apôtre invétéré de l'activité physique comme moyen de lutte au surplus de poids, il n'en reste pas moins que si on ne veut pas avoir à le dépenser, il ne faut pas d'abord le manger. Vous trouvez, vous, qu'un trio Big-Mac vaut vraiment, en terme de plaisir, plus de la moitié de vos besoins quotidien en alimentation? Moi je suis pas mal plus exigeant que ça.

jeudi 6 décembre 2007

Oublier

Pourquoi ne pas oublier? Hier soir au Yulblog on m’a posé cette question : mon obésité est du passé, pourquoi ne pas en faire véritablement du passé et passé, justement, à autre chose? La question se pose en effet. N’y a-t-il pas quelque chose de malsain dans le fait de continuer à en parler et à me définir comme un ex-obèse?

La réponse est très clair pour moi et je vais essayer d’y répondre le plus clairement possible : non. En effet, l’obésité n’est pas un accident ou quelque chose qui vous arrive par la volonté de quelqu’un d’autre ou un malheur fortuit, c’est un malheur que l’on se construit soi-même et sur lequel on possède, malgré ce que l’on peut essayer de se faire croire, une prise certaine. Comprendre son obésité, l’apprivoiser, la maîtrisé et la placer dans une perspective de vie font partie des apprentissages que chacun fait dans sa vie et on ne fait pas un apprentissage pour l’oublier par la suite.

De plus, j’ai passé près de 25 ans comme obèse, oscillant entre le rondouillet et le phénomène de cirque, c’est un peu ma culture, comme je l’ai déjà écrit, je viens de l’obésité comme d’autre viennent d’un pays, j’ai beau m’avoir bien intégré à ma communauté d’accueil des plus ou moins maigres, je reste formé à la dure école de l’adiposité abondante. J’y ai appris des enseignements précieux, j’y ai acquis, par la force des choses, des qualités importantes qui ont fait de moi quelqu’un de meilleur. J’y ai aussi acquis l’intime conviction que j’y ai appris aussi plein de choses totalement inutiles que l’on ne devrait pas avoir à apprendre, donc que je me dois à moi-même d’épargner à d’autres de passer par là ou d’aider ceux qui y sont, de changer les choses.

Il y a aussi le fait de savourer la vie au maximum. J’ai eu l’immense privilège de connaître la déchéance physique, l’incapacité de se déplacer, d’être handicapé physiquement et socialement et , contrairement à d’autres handicaps, de pouvoir y changer quelque chose. Chacune de mes randonnées est un moment de bonheur arraché à la force de mes mollets, chacun de mes sommets est une victoire sur une fin que j’ai déjà connue. Chacun de mes jours ne m’éloigne pas de ma mort, il m’en ramène.

mardi 27 novembre 2007

L’hiver et la perte de poids

L’approche du mois de décembre est souvent synonyme d’angoisses pour les gens cherchant à perdre du poids.

Premièrement, dès cette semaine, commence la longue suite de repas des Fêtes et son lot de calories excédentaires et, parallèlement, le refroidissement des températures en découragent plusieurs d’êtres actifs, augmentant ainsi les possibilités de reprises du poids perdu. À la fin de décembre et au début janvier, vous serez plusieurs qui, sous le coup de la culpabilité, ferez résolution de vous abonner au gymnase ou de vous lancer sur les pistes de ski de fond. Malheureusement vous serez quasi aussi nombreux à abandonner après quelques séances trop intensives.

Il faut dire que la culpabilité d’avoir trop manger est un bien mauvais stimulant à long terme pour faire de l’exercice. En effet on a alors tendance à vouloir trop, trop vite, et commencer trop fort c’est aussi se décourager trop vite. De plus, le début janvier n’est pas nécessairement le meilleur temps de l’année pour se lancer à l’extérieur alors que la température et le climat seraient plus propices au cocooning.

La solution? Commencez progressivement à être plus actifs avant le temps des Fêtes, dès maintenant si possible. Prenez maintenant l’habitude de bouger. Vous pensez vous abonner au gym en janvier? Vous allez payer un abonnement d’un an à un centre pour abandonner au bout de trois semaines.

Définissez dès maintenant vos objectifs et besoins d’activités, n’attendez pas. Par exemple vous vous intéressez au spinning? Allez en faire deux ou trois fois, en payant à la séance, vous serez plus à même de connaître vos besoins et vos goûts d’exercice avant de vous payez de gros abonnements sous le coup de la culpabilité.

Vous pensez vous mettre au ski de fond quand la neige s’y prêtera? Prenez alors l’habitude de marcher à l’extérieur chaque jour, habituez vous au froid de l’extérieur.

Bref, commencez immédiatement à augmenter votre niveau d’activité, en janvier vous ne commencerez pas quelque chose de nouveau, mais vous ne ferez qu’intensifier, en connaissance de cause, votre programme d’exercice et vous augmenterez vos chances de persévérer.

Bonne bûche.



lundi 12 novembre 2007

Infidélités

Je sais, je sais, je suis infidèle à mon blogue et il n’y a rien de pire, outre le Quick au bananes de mon enfance qui était un quasi crime contre l’humanité, ou du moins le bon goût.

Mais c’est que j’ai une bonne raison, je suis sur une montagne à tous les week end. Samedi et dimanche j’étais au mont Colden, dans les Adirondacks près de Lake Placid et j’allais y braconner l’hiver. Beaucoup de succès, j’en ai capturé un gros comme ça, oui, oui, je vous le jure, un hiver bien dodu, avec des flocons gros comme ça. Non je vous l’assure, regardez….













lundi 22 octobre 2007

Avoir le mollet fringuant


Aujourd'hui, j'ai quelques courbatures et douleurs articulaires. C'est que, samedi dernier, je suis allé faire un tour au New Hampshire pour grimper les mont Lafayette et Garfield. Une bonne randonnée de près de 7 heures, 22 km et 1600 m de dénivellé. Ça en brûle des brownies ça Madame.

Mais c'est aussi un plaisir incalculable, immense. Un plaisir que je ne croyais jamais conaître. Évidemement, quand je pesais plsu de 420 livres je n'imaginais pas le fait de se faire suer pendant toute une journée sur une crête venteuse comme quelque chose de plaisant.



Mais juste le fait de pouvoir en faire autant quand on pouvait en faire si peu auparavant, c'est déjà le plus beau des sommets. Ça vaut bien quelques courbatures.

samedi 13 octobre 2007

La laisse

Plusieurs sujets au menu cette semaine et le terme de "menu" n'est pas le fruit du hasard ici.

D'abord un sujet qui, à défaut de m'encourager à grimper des montagnes, me fait invariablement grimper dans les rideaux. Je veux ici parler de la "Coalition contre l'obésité morbide" qui fait la promotion de la chirurgie bariatrique comme seule solution au problème de l'obésité morbide.

Cette semaine cette colaition rendait public un "sondage" sur l'obésité morbide au Québec. Un portrait désespérant, et le désespoir était effectivement le but de l'opération. Premièrement ce qui fait la qualité d'un sondage est la qualité de l'échantillonage qui, pour être fiable, doit être aléatoire. Déjà ce sondage était mené via internet et des entrevues téléphoniques. Deux méthodes de collecte des données sans contrôle et déjà on peut questionner les conclusions d'un tel sondage.

Par exemple on nous apprend que les femmes sont 4 fois plus nombreuses à êtres obèses morbides que les hommes: pas vraiment. Ce que ça nous apprend ce'est que 4 fois plus de femmes étaient prètes à contacter la coalition pour répondre au sondage, ce qui est normal, les femmes sont beaucoup plus sensibles à leur problème de poids que les hommes.

Bon, c'est une enquête mal menée, ce n'est pas la première et ce ne serait pas grave si cela ne transportait pas le message des obèses morbides sans voies de sorties et à qui il faut offrir plus de chirurgies. C'est le lobby du bistouri.

Je suis particulièrement contre ce lobby qui prétend que l'OMS , l'Organisation Mondiale de la Santé, reconnait la chirurgie bariatrique comme la seule méthode efficace de perte de poids pour les obèses morbides, une affirmation qui est colportée sur divers sites web depuis quelques années. Cependant une vérification auprès de l'OMS nous apprend que c'est une grossière exagération. L'agence de l'ONU considère en effet que la chirurgie bariatrique est UNE méthode qui a démontrée son efficacité dans le cadre du traitement de certains obèses morbides, mais que " la question de l'obésité morbide doit d'abord être considérée dans un contexte de promotion de l'activité physique et de nutrition". C'est pas mal plus nuancé.

La chirurgie n'est-elle pas efficace? Oui, tout à fait, les études sont nombreuses pour démontrer que la perte de poids est réelle sur le moyen et long terme (avec des nuances) et que les gains sur la santé (hypertension, diabète etc) sont , eux aussi, bien réels. Alors pourquoi suis-je contre?

Tout simplement parce que ça sous-entend une prise en charge de son obésité par quelqu'un d'autre, un abandon, une rédition. Je lisais justement le témoignage d'une des fondatrices de cette coalition dans le journal qui disait: " c'était tellement décourageant de travailler fort pour ne perdre qu'une demie livre par semaine". Ben oui, c'est difficile, ben oui il faut travailler fort, pour toute sa vie en plus, vous n'avez encore rien vue Madame. Mais c'est en accumulant des fois une demie livre, des semaines plus, des semaines moins, de ces pertes de poids que l'on gagne sa bataille contre le poids qui tue.

C'est humiliant, difficile, une vraie bataille et on se décourage bien plus souvent qu'a son tour, mais on y arrive. Je n'ai jamais rencontré d'obèse incapable de maigrir, certains le faisaient avec plus de facilité, mais tous y parvennaient. Le problème est le maintien de l'effort dans le temps et c'est là que les gens on besoin de soutien et pas d'une table d'opération. Mesdames, vous transmettez le message que les obèses morbides sont incapables de se prendre en mains et de maigrir, vous leur transmettez ce message qu'ils sont incapables de contrôles, qu'ils ont besoin d'une laisse, c'est faux, je vais être baveux et sortir un argument cheap: je le sais, j'étais pas mal plus gros que vous.

Parlant de gros, cette semaine Jean-Luc Mongrain recevait un ex-obèse qui a déjà pesé 450 livres et qui s'est pris en mains alors qu'il était sur la liste d'attente pour une chirurgie justement. Aujourd'hui il cours des triathlons... Je ne peux que m'incliner devant ce compagnon de cheminement, bravo. Cependant ce n'est pas un héro, je ne suis pas non plus un héro. Un héro ça fait quelque chose hors des capacités normales de l'être humain, ce n'est pas notre cas. C'est du simple travail, mais un travail libérateur.

Enfin, pour finir sur une note plus légère, mais quand même grave, on commence à parler de plus en plus d'orthorexie , l'obsession de l'alimentation saine. Alors relaxez un peu, l'alimentation c'est d'abord un plaisir et le plaisir, en lui-même, c'est vachement sain.

vendredi 28 septembre 2007

La discipline alimentaire ou avoir du ventre au coeur

Bon bon bon. Terminé les folies, passons aux choses sérieuses. Sérieuses comme la discipline, c’est sérieux ça la discipline. Ça sonne un peu plate aussi, mais ce l’est moins qu’il n’y paraît. Donc, parlons de discipline, mais de discipline alimentaire et non ce n’est pas d’infliger une punition à votre souper mais de développer un rapport sain avec celui-ci.

C’est ce rapport sain avec la nourriture qui constitue la base de ce que je nomme la «discipline alimentaire ». Ce n’est pas une discipline basée sur la privation ou la corvée comprenez-moi bien. On a souvent tendance à croire que la discipline est une contrainte, mais se donner une discipline c’est surtout se donner un outil afin d’aller plus loin, d’atteindre ses buts, d’exercer une véritable liberté de choix sur sa vie. C’est ma discipline d’entraînement qui me prépare à atteindre le sommet des montagnes, sans celle-ci, ces montagnes me seraient entièrement inaccessibles. Suis-je libre d’aller tenter de grimper l’Everest un jour? Pas vraiment car j’aurais beau m’y rendre, avoir de grands moyens financiers, de l’excellent matériel, je ne pourrai pas le faire sans me donner une discipline pour atteindre ce but et pleinement en profiter. C’est pourquoi je ne m’astreints pas à une discipline, je ne m’y soumets pas, je me donne, je m’outille d’une discipline afin de profiter encore plus pleinement de ce que j’entreprends.

C’est la même chose pour la nourriture, si je ne me donne pas une discipline, je perds une grande partie de l’essence même de ce qu’est la nourriture : une source de plaisir. En effet, disons-le immédiatement et assumons en les conséquences : manger, c’est le fun. C’est une source de plaisir qui se renouvelle plusieurs fois par jour.

Il y a bien longtemps que nous, ou nos ancêtres, n’ont pas connu la faim ou la malnutrition. Notre plaisir de la nourriture n’est pas celui de la première bouchée solide après une semaine de jeune, n’est pas celui du morceau de viande après 3 semaines de riz bouilli. Notre plaisir réside dans la satisfaction des sens : du goût bien sur, de l’odorat, de la vue également.

Manger est une expérience des sens, c’est pourquoi il est bien difficile de ne pas développer un rapport émotif avec l’acte de manger car la satisfaction des sens est reliée directement à un aspect émotif chez chacun de nous.

Ce qui complique les choses c’est que, parfois, ne connaissant pas vraiment la faim, nous ne savons pas toujours identifier ce qui guide notre désir de nourriture. Qu’est-ce que la faim, qu’elle est la satisfaction que nous retirons du fait de nous nourrir? Est-ce que je peux faire la différence entre un ventre plein et un ventre satisfait? Ce n’est pas nécessairement la même chose vous savez.

Quelles sont les saveurs qui vous allument? Les textures? Quelles situations vous donnent le goût de vous sucrer le bec? Du salé? De l’onctueux?

Bref, une série de questions que je vous invite, dans un exercice personnel, à soupeser et à le partager si vous le désirez.

C’est la première étape d’une espèce de thérapie relationnelle entre vous et la nourriture afin de remettre véritablement le fun dans votre assiette. De remettre de saines émotions dans votre alimentation et de vous donner un peu de ventre au cœur.

C’est à suivre….

jeudi 27 septembre 2007

Les gênes

On connaît tous et, quelque part, on envie un peu ces personnes qui peuvent manger sans limite et ne semblent jamais engraisser alors que nous prenons une livre à seulement rêver à un morceau de gâteau.

Simple injustice divine? Mythe? Il semblerait bien que non, de plus en plus les connaissances scientifiques nous apprennent que oui il existe certaines prédispositions génétiques qui rendent certains individus imperméables à la prise de poids. Le dernier élément en date concerne un gène anti-obésité identifié chez certaines espèces.

Les lignées issues des porteurs de ce gène serait favorisées en temps d’abondance quand les prédateurs sont nombreux et que, plus rapides et agiles, ils seraient plus aptes à échapper aux prédateurs, alors que les autres seraient favorisées en période de disette en ayant accumulé plus de réserves.

Il est logique de penser que nous retrouvons sans doute un gène semblable chez l’humain. Après tout, nous ne sommes pas génétiquement très différents (en fait pas du tout) de nos ancêtres chasseurs- cueilleurs d’il y a quelques milliers d’années et dont la survie même dépendait de ces petits avantages.

Cependant il y a bien longtemps que nous ne sommes plus confrontés à un tigre à dents de sabre ou à une famine.

Une fois qu’on a dressé ce constat qu’est-ce que l’on fait? On peste contre la grande injustice de la vie? Ben non, il y en a des grands, il y en a des petits et on ne se refait pas génétiquement parlant (certains diront pas encore), on fait avec ce que l’on a.

Dans mon prochain billet je parlerai un peu plus du concept de « discipline alimentaire » que j’ai abordé récemment et qui mérite son entrée particulière.

mercredi 19 septembre 2007

La guerre à la malbouffe

La semaine dernière, le gouvernement du Québec annonçait son ambitieux projet de chasser la malbouffe des écoles du Québec afin de lutter contre l’épidémie d’obésité (En passant, c'est la troisième fois que le gouvernement nous promet ça, c'était aussi le cas en 2004 et 2006.)

Une bonne mesure? Pas vraiment en fait. Il faudrait, pour cela, que l’obésité soit le résultat de la nature de ce que l’on mange plutôt que de la quantité que l’on mange et du fait que l’on ne le dépense pas. Manger une poutine ne vous fera pas nécessairement engraisser, manger un hot-dog non plus, à terme ça vous bousillera le système cardiovasculaire, mais vous pourrez être tout à fait mince.

On peut en effet engraisser autant en mangeant une salade bien arrosée de vinaigrette qu’en mangeant une grosse graisseuse. 100 calories de fine huile d’olive de première pression à froid ne sont pas différentes de 100 calories de sauce brune (faite à partir des grands troupeaux de bruns sauvages qui parcours les plaines???) en terme de pouvoir calorique, donc de capacité de vous faire engraisser.

Je suis d’accord que l’école doit fournir une alimentation de qualité aux élèves et que plusieurs items n’ont pas leur place sur le menu d’une cafétéria scolaire. Mais quand le choix santé est un petit paquet de fèves caoutchouteuses en canne un peu tièdes dans le fond d’une assiette, il y a de quoi vous faire fantasmer sur un hot-dog moutarde-choux ou même sur le poulet frit aux épices secrètes de chose bine là, …le gars qui était habillé en blanc dans les annonces euh…l’agent Glad, c’est ça.

Mais chasser la malbouffe ne règlera rien du côté de l’obésité, et rien des autres problèmes liés à l’alimentation d’ailleurs, comme le cholestérol et l’hypertension (oui, il y en a qui en font dès l’adolescence). La « discipline alimentaire », c'est-à-dire apprendre à bien se nourrir, d’aliments qui goûtent bon, en quantité suffisantes sans trop d’excès, apprendre à discerner la faim de l’ennui, la satiété du « bourrage » etc. Ben ça commence à la maison pas mal. Après tout les jeunes mangent bien plus souvent à la maison qu’à l’école.

Si on veut vraiment aider à lutter contre l’obésité à l’école et bien que l’on réintroduise l’activité physique dans la période scolaire et les sports scolaires, alors là on aura un impact positif en permettant aux élèves de bouger et d’acquérir un goût pour le sport et le mouvement. C’est un domaine où il est beaucoup plus facile d’intervenir auprès d’eux dans un cadre scolaire qu’une fois retournés à la maison.

Vous voulez gardez nos jeunes minces M. Charest? Faites les jouer, en plus d’être minces ils auront du plaisir, et tiens, comme je me sens généreux aujourd’hui je vous dit : « joignez-vous à eux, vous aussi ça vous fera du bien ».

mardi 18 septembre 2007

Aconcagua

dimanche 9 septembre 2007

Quand le corps résiste

Quand on entreprend de perdre du poids un des premiers défis importants est celui de la persévérance .

Le découragmement nous guête. Le découragement vous guête.

Ce découragement peu prendre sa source dans le fait que votre poids peut fluctuer avec une irrégularité exaspérente d'une semaine à l'autrepour diverses raisons car, voyez-vous, le corps résite.

Au départ d'un nouveau régime ou d'un changement d'habitudes de vie, votre poids peut descendre rapidement pour stagner par la suite. Ce peut être très décourageant de perdre rapidement plusieurs kilos sur 3 semaines pour en perdre par la suite la moitié seulement dans le mois suivant alors que l'on fait le même effort sans défaillir et sans dévier de son objectif.

C'est un phénomène tout à fait normal, le corps, soumis à un déficit (on ne maigrit pas sans déficit) se rebiffe et s'adapte pour minimiser la perte de poids. Votre corps ne sait pas que vous n'êtes pas en Afrique au milieu d'une famine qui durera 6 mois, il veut donc protéger ses réserves et il n'y puisera qu'en dernier recours. La balance peut alors devenir très frustrante, refusant de bouger pendant plusieurs jours ou progressant à pas de tortue.

Même que, quand on entreprend de faire travailler ses muscles, on peut commencer à reprendre du poids au lieu d'en perdre, des muscles fortements sollicités emmagasinant du liquide dans un premier temps, devenants donc plus lourds.

C'est pourquoi maigrir se fait d'abord entre les deux oreilles, il est alors important, primordial, que votre esprit domine votre corps qui se rebiffe. Que vous poursuiviez malgré tout vers votre objectif. Continuez de bouger. Vous ne maigrissez pas? Ce sera pour plus tard, mais la chose la plus importante est d'abord d'acquérir des habitudes de vie saines comme l'exercice, ce sera un outil essentiel de votre controle de poids, rendez-vous la vie plsu facile: je sais, je suis obsédé, mais l'important c'est de bouger...et de continuer à le faire.

mercredi 5 septembre 2007

L'amitié, deuxième partie

Petite suite de mon entrée de la semaine dernière sur l’amitié. Hier soir, nous étions quatre à se rassembler autour d’un verre pour brasser un peu de passé. Près de 22 ans jour pour jour après notre départ vers l’Afrique.

Première constatation : on sait se reconnaître même après 22 ans, on change beaucoup, mais on change peu aussi et le souvenir reste vif. Bien entendu on parle de ce que l’on est devenus, mais on en profite surtout pour ressasser de vieux souvenirs et c’est vraiment particulier sur plusieurs aspects.

Il suffit parfois d’un nom évoqué et, par magie, quelque chose auquel on n’avait jamais pensé en 22 ans vous revient très frais et vif à la mémoire. Un visage que vous ne vous rappeliez même pas avoir connu, vous revient familier comme celui d’un collègue de travail.

C’est aussi un moment privilégié pour réfléchir sur ce que l’on est devenu, sur comment on résume 22 ans de vie en 5 minutes, de revoir un peu les rêves que nous avions et voir si nous les avons réalisé.

En bout de ligne je ressort de cette soirée avec une seule conviction : le succès de ce que nous sommes devenus ne se mesure pas à nos anciens rêves que nous aurions réalisés ou pas, mais dans le fait que nous ayons encore des rêves…et j’en ai beaucoup.

dimanche 2 septembre 2007

Les trucs et astuces de François…

Ont me le demande souvent et je réponds tout aussi souvent qu’il n’y a pas de truc pour maigrir de 100 kg, ou même de 20 kg. Il faut faire des efforts aujourd’hui,…et recommencer demain et le jour d’après et ainsi de suite pour très longtemps, sinon toujours, mais c’est beaucoup plus le fun que vous pouvez vous l’imaginer. Mais j’ai quand même quelques trucs simples pour vous aider un peu à mettre un peu de « lousse » dans vos culottes une fois que vous vous êtes décidés à changer votre vie (car c’est de ça, au fond, que l’on parle).

Bougez!

La première chose qu’il est bien important de se rappeler c’est qu’il ne sert pas à grand-chose de se priver de nourriture si on ne fait rien d’autre que ça, c’est courir un peu après l’échec. Plutôt que de courir après l’échec, courez donc un peu pour vrai. Ou, mieux, marchez. La marche est un moyen simple, accessible et pratique de se mettre tranquillement en forme. Incorporez la marche dans vos déplacements de tous les jours et faites le plus de vos déplacements en marchant. J’ai moi-même perdu mes 70 premiers kg uniquement avec mes pieds et j’en ai connu d’autres depuis qui en ont perdu presque autant simplement en marchant. Bien sur c’est en marchant plus de 15 minutes par jour. Mais dites-vous qu’un 30 minutes de marche ici et là et éventuellement plus, c’est du gagnant-gagnant, on aide la perte de poids et on se met en meilleur forme et on a plus de plaisir à bouger et c’est particulièrement important d’avoir du plaisir avec son corps…(tss, tss, j’en entends qui pensent croche).

Consommez à crédit

Vient toujours le temps où on a le goût de se payer une gâterie comme une crème glacée par une journée chaude ou un morceau de gâteau. On se déculpabilise alors en disant que l’on va marcher plus par la suite, que l’on va rouler une petite demie heure de plus pour brûler ça.

Ne vous privez pas, mais à la place faites-le à crédit : allez le dépenser avant de consommer, montez-vous un compte de « carte de crédit » gâteries et essayer de ne pas régler votre solde à la fin, vous allez voir, le cornet de crème glacé est plus petit après car on ne veux pas scraper les efforts que l’on vient de faire, mais il est aussi beaucoup plus satisfaisant à cause de ces efforts justement. Faites comme il ne faut pas faire avec votre budget : dépensez sans trop compter et gardez-vous des soldes impayés, quand il est question de poids, c’est dans ce temps-là que ça devient payant pour vrai.

Changez de linge

Un des premiers indicateurs réels du succès est la mesure du « culotte-o-mêtre » : quand vous vous sentez moins à l’étroit dans vos vêtements. Vous portiez du 48 messieurs et maintenant vous portez du 44? Désormais c’est celle-là qui est votre taille de référence. Évitez de portez vos vieux vêtements « lousses », ils vont vous donner une fausse impression que ça va pas mal vos affaires, que ça à déjà été pire. Cependant ce que vous voulez ce n’est pas d’être moins mal dans votre peau, mais d’être biens, alors on s’achète et on porte des vêtements plus ajustés que l’on remplacera éventuellement régulièrement. Moi-même, même si c’était spectaculaire, je n’ai gardé aucun de mes pantalons 72 pour montrer que je pourrais mettre deux personnes dedans. Je le sais et ça suffit. Ma référence maintenant ce n’est pas d’être moins pire que le gars qui portait du 72, mais d’être bien dans la peau du gars qui porte des 34. Ça coûte cher, mais le progrès parfois ça n’a pas de prix.

mardi 28 août 2007

L'amitié, partie 1

Quand j’ai entrepris ce blogue , je m’étais bien promis de ne parler que de deux sujets : les montagnes et l’obésité qui sont, pour moi, deux sujets liés. Aujourd’hui j’en ajoute un troisième, l’amitié, mais en aparté seulement, comme une courte parenthèse.

L’amitié, et donc les amis, sont pour moi très importants. Tout le long de ma jeunesse j’ai ressenti désespérément le besoin de me reconnaître et de rejoindre mes semblables malgré mon problème d’obésité qui faisait de moi souvent la risée de la cour d’école ou la cible, sinon la préférée mais du moins la plus lente, des terrocrates de la petite école. De ces années j’ai gardé un sens profond de la nécessité de la solidarité humaine, je n’en suis pas sorti amère, j’en suis sorti encore plus conscient du réconfort de l’amitié dans l’épreuve et de la multiplication de la joie qu’elle amène dans le succès. Je ne suis pas un solitaire, je suis un solidaire.

C’est pourquoi je considère important d’avoir fait participer d’autres personnes à mes entreprises de montagne, malgré que ce n’est vraiment pas facile et que j’ai trop souvent accumulé des frustrations et des tensions avec des amis, souvent par ma faute d’ailleurs. Nous avons fait des projets communs, mais chacun y a mis un désir, un objectif, individuel et, parfois, ceux-ci sont conflictuels avec le notre. La fin de mon dernier projet, à l’Aconcagua, m’a donné l’occasion de constater encore cela et je me suis rendu compte qu’il y avait très peu de ces gens avec qui je resterais en contact à moyen terme, je ne sens pas la connexion, nous avons vécu des émotions intenses, mais je ne sais pas si demain, la semaine prochaine, ou le mois prochain, j’aurai quelque chose en commun avec eux.

Cette constatation m’a donné l’occasion et la volonté d’éclaircir une question que je me posais depuis longtemps. Il y a 22 ans je suis allé faire le coopérant en Afrique de l’ouest avec une bande de jeunes enthousiastes comme moi qui, à l’aube de nos 20 ans, voulions changer le monde. Je me souviens très bien de cette fraternité que nous ressentions, des joies que nous avons partagées, des difficultés aussi. En revenant nous nous étions jurés de ne jamais perdre le contact, de ne pas nous oublier, d’être des amis pour la vie. Et la vie nous a lentement séparés, cette amitié durable que nous nous promettions dura parfois seulement quelques mois, parfois quelques années et je crois bien avoir perdu le contact avec le dernier il y a une quinzaine d’années. Nous nous étions rejoints dans l’exceptionnel et nous ne parvenions pas à nous retrouver dans l’ordinaire de nos vies, nous n’avions pas, à cette époque, des intérêts autres en commun pour nourrir l’amitié et l’intérêt longtemps.

Mais, parfois, j’étais nostalgique de ce temps et je me demandais ce qui avais bien pu advenir de mes amis. Que restait-il de ce que nous avions vécu? Est-ce que maintenant que mes cheveux avaient pris du gris, est-ce que je comprendrais mieux ce passé en retrouvant ces amis, est-ce que je comprendrais mieux ce qui nous séparaient? Je me suis donc mis à l’ouvrage et j’ai entrepris de retracer ces gens dont je n’avais parfois aucune idée de ce qu’ils avaient pu devenir.

Et, grâce à Google, entre autres, et un peu de bonne mémoire, j’en ai retrouvé plusieurs. J’en ai même retrouvé un à deux coins de rues de mon travail alors que je le croyais à l’autre bout du Canada. Il m’en reste à retrouver, mais déjà la semaine prochaine nous sommes quelques-uns à aller prendre un verre pour chacun se voir dans le miroir de nos souvenirs. 22 ans plus tard, qu’avons-nous fait de nos rêves, qu’avons-nous fait de nos passions. Je vous raconterai.

mercredi 15 août 2007

The big one


Il est temps de vous reparler un peu de montagnes...enfin, de celles que l'on grimpe.

La prochaine destination a été arrêtée: Denali (surnom: The Big one), Alaska, 6200 m, plus haut sommet de l'Amérique du Nord, en juin prochain.

-25c avec des vents pouvant aller à 80km/h

J'ai déjà grimpé plus haut, mais pas grimpé plus froid.

J'ai hâte, vous pouvez pas savoir!

J'aime le défi de la montagne et ce n'est vraiment pas étranger à ce qui fut ma condition d'obèse pendant toutes ces années. Vous savez, être essouflé et porter des charges insuportables sur mon dos, j'en ai pas mal l'habitude. C'est comme si ces année pénibles avaient été des années de préparation et d'entrainement.

Je ne vais pas faire la conquête de ce sommet, je n'ai pas la fibre envahissante, mais y contempler l'horizon, je ne dis pas non.

jeudi 9 août 2007

Du succès et de l'échec

Qu'est-ce que la réussite et qu'est-ce que l'échec?

La question a l'air peut-être un peu simpliste, mais elle a son importance.


Vous me direz : « Réussir c’est atteindre ses objectifs » et vous aurez raison, mais moi je vous dirai qu’il y a peut-être d’autres formes de succès.

À peu près tout le monde dans sa vie, un jour ou l'autre, a tenté ou tentera de perdre du poids. Parfois que quelques kilos, parfois plus... et la plupart échouerons à atteindre le poids ciblé ou à le conservé une fois atteint et plusieurs se décourageront de ce fait.

Un des phénomènes intéressants à constater (mais beaucoup moins à vivre) du surplus de poids c’est que plus on échoue, plus on se décourage et moins on essaye, les tentatives de maigrir deviennent alors de plus en plus espacées et de moins en moins intenses. On s’apprend à soi-même que l’on est incapable de réussir à maigrir ou à maintenir son poids, on développe alors une quasi-certitude dans sa propre incapacité à perdre du poids de façon durable.

C’est aussi un cercle particulièrement vicieux : moins on essaye, moins on fait attention, plus on engraisse et plus l’objectif nous parait difficile à atteindre. De plus, notre perception de faiblesse de nous-même se reflète de plus en plus dans notre physique, ce matin nous sommes plus gros qu’hier, mais rendus où on est de toute façon ça ne change plus grand-chose et la pensée que demain matin ce sera pire encore ne nous atteint plus… et c’est comme ça que, tranquillement, quasi patiemment et avec application on se rend à près de 200 kg, mais pas besoin d’essayer je vous en prie, fiez-vous sur moi, c’est comme ça que ça arrive.

Dans ce contexte, c’est quoi réussir alors? Et c’est quoi échouer? Est-ce que je peux me donner comme objectif de maigrir de 100 kg? Alors que je me sens dans l’impossibilité d’en perdre un seul? Non, ma réussite ne peut résider là-dedans, comme mon échec ne sera pas de ne pas maigrir de 100 kg. Mon échec réside dans mon inaction pour mettre fin au cercle vicieux, chaque moment qui passe où je ne suis pas bien avec mon obésité et où je ne fais rien pour y changer quelque chose est un échec. Ma réussite alors? Elle commence à l’instant précis où je pose un geste pour changer les choses, où je tente de changer les choses.


Un jour je me suis levé pour aller marcher, à cet instant précis j’étais un gagnant car j’allais à l’encontre de ma propre idée préconçue que je ne pouvais pas réussir. Il y a des avantages parfois à avoir une opinion merdique de soi-même : on fini par ne plus vraiment faire confiance à ses propres doutes sur soi;). À chaque pas que je fais, dans chaque essoufflement parce que je cours, je roule, je grimpe depuis, je réussis. Ma réussite n’est pas d’avoir perdu près de 100 kg, d’ailleurs je ne les ai pas perdu, je sais parfaitement où est allé chacun de ces kilos, mais dans chaque moment que j’ai consacré à changer les choses. Aujourd’hui, plus de 8 ans après, j’ai réussi et demain matin, je réussirai et si demain j’échoue parce que je suis paresseux, gourmand ou autre, la vie sera généreuse et m’offrira une autre journée après pour réussir de nouveau.


Perdre du poids et se mettre en forme c’est comme le Boléro de Ravel que j’écoute en ce moment : un thème inlassable qui commence très discrètement, on est même pas certain qu’il est là, on le perçoit à peine, puis, le thème revient, plus fort et ainsi, de plus en plus fort en crescendo, toujours le même thème, jusqu'à l’apothéose!

Seigneur, j’écris comme un preacher! Mais au fond, retenez ceci : ne vous donnez pas d’objectif précis en terme de perte de poids, votre première responsabilité si vous n’êtes pas bien dans votre peau est d’essayer d’y changer quelque chose, et essayer, c’est déjà réussir.

Alors aujourd’hui aller marcher une petite demie heure, rouler quelques kilomètres en vélo. Aujourd’hui, aprenez à réussir.

vendredi 3 août 2007

L'obésité contgieuse (2)

Une suite à mon entrée d'il y a quelques jours sur l'étude publiée dans le NEJM. Aujour'hui le Devoir publie une opinion très intéressante d'un anthropologue sur la question ( http://www.ledevoir.com/2007/08/03/152236.html) qui s'exprime sur le surplus de poids comme modèle physique favorisant l'acceptation chez les autochtones.

Laissez-moi vous raconter une petite anecdote de ma jeunesse.

À mon adolescence j'étais un ado obèse, mais j'avais de la drive pour beaucoup de choses, j'osais, malgré mon poids, tenter de nouvelles choses. Par exemple, je m'étais bien juré, malgré mes 300 livres de l'époque, d'aller à mon bal des finissants avec la plus belle fille de l'école et, effectivement, c'est en très charmante compagnie (non mais vraiment très charmante, où que tu soit maintenant Esther, je te salut bien bas;)) que j'ai passé ce bal. J'étais donc capable, malgré ma condition et le malaise qui venait avec, d'agir.

Cependant, à 19 ans, il ya donc un petit long bout de temps, je suis parti pour passer quelques mois en Afrique de l'ouest. Là ce fut le choc, car, dans ces milieux très durs et très pauvres ou l'espérance de vie ne dépassait pas 35 ans et où la minceur extrême n'est pas un choix mais l'alternative santé au squeletisme de la famine, le surplus de poids est le symbole suprême de l'équillibre, de la réussite et d'un idéal physique pour eux inateignable. Bref, j'étais immensément populaire et j'étais devennu le fantasme de ces dames. Quand on a passé sa jeunesse à se sentir rejetté, c'est tout un changement!

Malheureusement j'en suis revennu avec la conviction que ce n'étais pas moi qui avait un problème de poids, mais que c'était ma société qui avait un problème avec mon poids, que c'était les autres qui étaient responsables de mon malheur et, pour les 10 années suivantes je me suis pogné le beigne (un beigne en pleine expansion) en me morfondant sur le l'injustice de notre société. Je n'étais plus le gros qui essayait, j'étais devennu véritablement amorphe face à la vie.

Tout ça pour dire qu'effectivement un aspect particulièrement important de notre prise de conscience de notre problème de poids est le reflet que notre société et notre milieu nous renvoit, bien avant les effets sur la santé. Je suis encore particulièrement convaincue que ce qui m'a sauvé la vie est le fait que je ne me suis jamais senti à ma place et "confortable" dans mon milieu comme obèse.

C'est selon-moi un des dangers de l'approche des "gants blancs" avec les obèses maintenant. Cette volonté de ne pas choquer, de ne pas bleser ni culpabiliser à tout prix m'inquiète. Mais de déresponsabiliser l'obèse en mettant la responsabilité sur les fast-foods, la publicité ou tout autre cause externe n'aidera aucunement les obèses: le jour où on se rend compte que l'on est gros, ce n'est pas l'industrie qui va maigrir pour vous. Être obèse n'est pas normal et le premier responsable est l'obèse lui-même car il sera celui qui pourra changer les choses.


Mais c'est assez pour aujourd'hui, allez hop, une petite marche ça vous fera du bien.

Bonne journée

mercredi 1 août 2007

De retour après une pause

Bon, fini les vacances.

Dernièrement une étude nous apprenait que l'obésité est socialement contagieuse ( http://content.nejm.org/cgi/content/full/357/4/370) . C'est à dire que si on se tient avec des gros on aura tendeance à engraisser et si on se tient avec des maigres on aura tendance à maigrir. Il ya là-dedans une logique implacable: on adopte et modifie nos comportements individuels en fonction de notre entourage et nos modèles de référence procèdent de la même logique.

Donc un conseil: donnez le bon exemple aujourd'hui, bougez un peu, c'est bon pour votre poids et pour celui de vos proches!

samedi 16 juin 2007

Et la montagne dans tout ça?


Oui, la montagne.

J'ai eu l'occasion de gravir des montagnes avec des gens qui le faisaient pour différentes raisons: pour le défi, pour l'exploit, pour briser la routine ou pour bien d'autres raisons. J'ai aussi eu l'occasion de grimper avec des gens qui n'aimaient pas la montagne et c'est à se demander pourquoi ils et elles le faisaient. Pour cocher ça sur une liste sans-doute: ok , fait, on passe à la suivante et il faut que j'achète du lait en revenant. Rien de plus.

Mais, pour moi, la montagne c'est pas mal plus que ça, c'est aussi beaucoup une allégorie de la vie. La plupart du temps le but en est très simple: un objectif, un sommet, mais pour y parvenir de nombreux sentiers ou voies que l'on choisira en fonction d'intérêts divers: pour le paysage, le défi, le plaisir etc. Donc si le but est unique, atteindre le sommet, les voies pour parvennir peuvent être nombreuses. De plus certains verront leur succès dans la mesure où ils auront atteint le sommet, alors que d'autres le trouveront dans le trajet pour y parvennir. De toute façon le sommet peut difficilement être l'aboutissement ultime: encore faut-il en redescendre, ce n'est que la moitié du chemin.

Aussi en montagne, comme dans la vie, nous n'avons qu'une obligation: essayer. Personne n'est obligé d'atteindre la cîme, mais tous doivent au moins tenter d'avancer. Si on cesse de tenter de progresser alors la montagne perd tout son sens. C'est dans la volonté de progresser que réside le sens.

Enfin j'ai aussi souvent prétendu que la montagne était une magnifique activité pour plonger en soi-même et retrouver un peu de son essence. Quand les cuisses sont douloureuses, que le souffle devient court et le chemin bien long et que chaque pas que l'on fait nous éloigne du confort et allonge d'autant notre chemin de retour, on se retrouve avec ce qu'il y a en nous, si c'est la paix, nous retrouvons cette paix, si c'est le trouble, nous retrouvons ce trouble. Pourquoi j'aime la montagne? J'aime la paix.

mercredi 6 juin 2007

Mon manifeste


J’ai eu divers problèmes de surplus de poids de l’âge de 6 ans à 32 ans, soit 26 ans de régimes, d’abandons, de frustrations et de variations de tour de taille. Successivement j’étais gros, j’étais rond, j’étais enveloppé et j’étais aussi victime d’obésité morbide, bien que je m’interroge sur le terme de victime.

Un jour, il y’a donc près de 9 ans, certaines choses ont changées, je suis passé d’un poids de 190kg à 90 kg, j’ai donc perdu la moitié de ma masse corporelle. Bien entendu j’ai changé mes habitudes alimentaires, j’ai fais de l’exercice, j’ai suivi un certain plan pour maigrir, mais ce n’est pas ce que je veux raconter ici. Je veux raconter un peu mon cheminement qui m’a mené à aujourd’hui et à accomplir ce que j’ai accompli pour, peut-être, inspirer quelqu’un à faire, pour lui-même, ce que j’ai fait pour moi. Également si mes écrits peuvent aider quelqu’un a éviter des erreurs coûteuses, ce sera toujours ça de gagné.

Vous ne trouverez pas ici de trucs pour maigrir. Parce que ça n’existe pas les trucs pour maigrir de 50, 75 ou 100 kg. Peut-être que l’on peut perdre 1 ou 2 kg avec des trucs, mais pas des dizaines. Perdre une telle masse, de façon durable, commence entre les deux oreilles et chacun aura sa méthode plus ou moins efficace.

Je n’ai pas l’intention de faire la leçon à personne, rien ne me donne ce droit. Ma seule compétence en matière d’obésité c’est de l’avoir visitée de fonds en combles et d’en être revenu. L’Enfer existe, j’en reviens. Pas un enfer de souffrances aigues, non, il y en a des pires et d’autres ont souffert beaucoup plus que moi, mais un enfer de douleurs sourdes. Vous savez, celles qui suivent la blessure, celle qui reste après le choc, une douleur constante, une douleur d’infection.

Je l’expliquerai plus loin, mais je ne regrette pas 10 secondes du temps où j’étais obèse, curieusement je crois que cela a fait de moi quelqu’un de meilleur, mais je n’y retournerais pour rien au monde. Après tout, j’ai vécu le fantasme de bien des amateurs de science-fiction : j’ai vécu dans une autre dimension, mais je n’imaginais pas que ce serait la dimension XXXXXL.

Considérations sur l’obésité

Je crois aux dispositions génétiques, aux problèmes physiologiques et aux antécédents familiaux. Cependant je demeure convaincu que l’obésité est surtout un symptôme, une manifestation physique, d’un mal de vivre plus ou moins profond. Avoir un surplus de poids est une chose, je crois que l’on peut avoir des kilos en trop et être bien dans sa peau, Je suis cependant convaincu que l’on ne peut pas être atteint d’obésité morbide et être heureux. Le malaise physique, le malaise social, sont trop grands pour permettre le bonheur. L’obésité morbide n’est pas une manière de vivre, c’est une manière de mourir. Quand on est atteint d’obésité morbide, on meure au jour le jour, tranquillement, à feu doux.

Et, moi, je mourrais aussi. Entretenir une telle obésité c’est faire du suicide en longueur et c’est ce que je faisais, tout en ne m’attaquant pas à ce qui me donnait cette pulsion d’autodestruction. J’étais convaincu, à tors, que mon problème venait de mon poids. Et c’est très facile d’en être convaincu.

Nous vivons dans une société d’images où l’apparence physique prend le pas sur beaucoup d’autres considérations. On voit donc le problème de poids et on croit que c’est le problème, alors que le mal est souvent tout autre. Je ne veux pas tenir ici le discours «les gens sont si superficiels», moi aussi je l’étais, moi aussi je croyais que mon problème en étais un de poids, que les régimes allaient m’apporter la solution. Je me suis longtemps convaincu que l’obésité était la source de mes problèmes et de mes malaises et non la conséquence. Mon obésité était un écran de fumée, une illusion que j’entretenais moi-même.

L’obésité est un trouble pernicieux à véritablement débusquer. Contrairement à d’autres névroses, car je considère cela beaucoup comme une névrose, elle est évidente. L’entourage « voit » le trouble intérieur et y fait une fixation. À un ami dépressif on dira volontiers « as-tu consulté? », à un ami obèse on dira « as-tu pensé à un régime? » alors qu’au fond ce n’est qu’une fausse réponse. On m’a suggéré et j’ai essayé tous les régimes possibles et imaginables, je ne peux entendre, aujourd’hui, le nom de Montignac sans avoir un haut le cœur d’exaspération. Parce que les régimes pour moi ne servaient à rien, mon obésité prenait son origine entre les deux oreilles, c’était mon écran de fumée.

C’était un écran de fumée, mais c’était aussi un appel à l’aide. Mon corps ne faisait que traduire physiquement mon mal intérieur. Encore aujourd’hui j’ai de la difficulté à me voir sur des photos de cette époque. Pas parce que je me trouve repoussant, non, parce que ça me ramène à comment je me sentais et je demande comment j’ai pu le supporter si longtemps. Quand je me vois il y’a 9 ou 10 ans je ne vois pas l’obèse, je vois le gars mal dans sa peau et ça me frappe en pleine face à chaque fois. Et c’est ce mal qui était la cause de mon obésité, qui, au fond, n’était qu’un cri de détresse.

Un cri que je poussais depuis longtemps. Parce que, comme beaucoup d’enfants, un jour ou l’autre, j’ai appris à calmer mon angoisse en mangeant. Mais, pour moi, au lieu de ne faire que passer par ce stade, je m’y suis installé pour de bon et j’ai géré mon mal de vivre à coups de fourchette. Rapidement j’ai pris du poids et, tout aussi rapidement, on m’a mis au régime. J’ai donc appris très tôt à détourner mon attention du véritable problème.

Parce que l’obésité est une diversion et une magnifique excuse. Elle a le dos très large et c’est le cas de le dire. Des obèses ont attend qu’ils se mettent au régime, c’est clair et on leur apprends que c’est ça leur rôle dans la société : chercher à maigrir. Moi-même je m’étais mis à croire que rien ne m’était possible parce que j’étais obèse. Je n’essayais même plus. J’ai passé littéralement des années sans oser aborder une seule femme qui me plaisait parce que j’étais certain que ça ne marcherait pas parce que j’étais obèse. Alors que mes histoires d’amour, quand j’en vivais, ne marchaient pas tout simplement parce que je n’étais pas bien dans ma peau. Comment voulez-vous être bien avec quelqu’un si vous n’êtes pas bien avec vous-même?

Quand on est obèse on apprend rapidement à ne pas se confronter à la réalité, à essayer d’oublier ce que l’on croit être. On évite les photos, on accélère devant les miroirs, on ne désire plus rien pour ne pas être frustré, on vit dans une espèce d’engourdissement permanent, pour ne rien sentir, pour ne pas souffrir. On apprend même à bouger pour ne pas être confronté à son tour de taille. Moi-même, ça m’a prit des années avant de me lancer à louvoyer entre des tables au restaurant ou dans un bar par peur de demander aux gens de se déplacer et de voir la réprobation dans leur regard. J’étais tellement convaincu que j’allais tout échouer que je n’essayais presque plus rien.

Je mettais mes échecs sur mon tour de taille, c’était facile, c’était évident. Je ne pense pas être différent de ceux qui ont d’autres problèmes. Il est tellement facile pour nous tous d’utiliser l’approche de l’aspirine. Prendre une petite pilule qui calmera le mal pour un temps et, quand le mal revient plus fort, penser que le problème c’est que la pilule n’est pas assez forte plutôt que de chercher la cause. Alors que le véritable enjeux il est là : dans la cause du désordre alimentaire, dans notre rapport à la nourriture, le trouver et y faire face c’est le début de la solution.

Parce que j’ai commencé à maigrir efficacement quand j’ai commencé à régler le problème qui était à la source de mon obésité. De plus, j’ai entrepris de maigrir, il y a près de 9 ans, en sachant pertinemment que ce n’est pas ça qui règlerait mon problème, mais que je n’aurais alors plus d’excuse, que je ne pourrais plus me faire croire que mon malaise était une question de poids. Parce qu’il faut prendre conscience que si on maigrit sans s’attaquer à la racine du problème, on se condamne a recommencer.


Je le savais parce que j’avais déjà réalisé mon tour de magie en faisant disparaître à l’époque plus de 50 kg pour me retrouver à 85 kg quand j’avais 28 ans. Cependant ce n’était pas un numéro de magie, mais un numéro d’illusionniste. Même svelte j’étais encore aussi mal dans ma peau, j’avais encore le même malaise qui m’habitait et je ne comprenais pas pourquoi. Imaginez un peu ma désillusion : j’avais fait tout ce que je croyais nécessaire pour être heureux, j’avais mobilisé des efforts considérables pour atteindre ce but, tout ça pour me retrouver aussi malheureux à l’arrivée qu’au départ.


Inutile de vous préciser que ma chute fut brutale et, aussi, spectaculaire. En quelques années j’ai atteint, de nouveau, un poids absolument démesuré. Pensez-y, je portais du 78 de pantalons, j’avais un tour de taille plus important que ma grandeur, même les boutiques spécialisées ne pouvaient plus m’habiller. Lacer mes chaussures était devenu un sport extrême. De plus je fumais comme un déchaîné plus de deux paquets de cigarettes par jour. Il faut croire que mon suicide en longueur prenait trop de temps à mon goût, j’allais mourir à plus ou moins court terme.

Qu’est-ce qui m’a sauvé? La lassitude de la fuite et l’épuisement, tout simplement. Voyez-vous, je savais maintenant que l’obésité n’était qu’une diversion, je ne pouvais plus lui mettre tout sur le dos. Sans diversion on peut tourner longtemps autour du pot, mais un jour, il faut faire face.

Pour moi ce jour est arrivé il y’a 10 ans après que j’ai perdu mon emploi dans des circonstances difficiles et que je me sois retrouvé seul, sans rien, avec moi-même comme seul compagnon. Ma santé n’était pas brillante, mon corps ne voulait plus suivre et je sentais que la maladie était proche. Je faisais de l’hypertension, j’avais un rythme cardiaque au repos de plus de 90 et je faisais de l’apnée du sommeil. Je ne comptais plus les fois où je me suis éveillé en pleine nuit en détresse respiratoire, incapable de respirer. Bref, la fin était, en quelques sortes, proche. Je n’avais jamais eu aussi conscience du gouffre vers lequel je me dirigeais et j’avais alors le choix : continuer ainsi et y sombrer, ou choisir de vivre.

Maigrir

Je suis encore ici, j’ai donc fais le choix de renverser la vapeur. J’en avais assez de fuir et j’ai décidé de faire face à mon mal de vivre, à la source de mon problème. J’avais la chance, ou la malchance, d’avoir une assez bonne idée de cette source, ce qui me manquait c’était le courage de l’affronter, d’oublier mon obésité, de la voir comme ce qu’elle était : un genre d’anecdote, un symptôme.

Ainsi, j’ai enfin pu commencer à comprendre ce qui me poussait ainsi vers le gouffre et commencer ce que j’appelle maintenant ma «rédemption».

Un jour, j’ai décidé de prendre une marche. Pendant des années je n’avais pas essayé de marché longtemps parce que j’étais convaincu que je n’y arriverai pas, que c’était trop dur. Mais ce fut plus facile que je ne le croyais et je me suis surpris à me trouver bon. Tellement que le lendemain j’ai décidé de recommencer, et le jour suivant un peu plus et ainsi de suite. Depuis il n’y a que quelques journées dans toutes ces années où je n’e me suis pas entraîné de façon intensive.

L’activité physique

On a entendu tellement souvent de raisons pour faire de l’activité physique et du sport, de très bonnes raisons d’ailleurs, que l’on ne les écoutent plus. Malgré cela je vais en rajouter une : aimer son corps.

En effet, quand on est obèse on apprend vite à détester son corps, il est une source de honte, de malaises, d’inconfort, on voudrait s’en séparer. Le sport et l’activité physique, en plus des bénéfices physiques d’améliorer la perte de poids et d’améliorer la santé, permettent également de réapprécier son propre corps. De le sentir comme une source de bien-être, comme un ami quoi.

Pendant des années mon image physique de moi-même fut des plus négatives. Aujourd’hui, après des années de sports et d’entraînement (je suis devenu une des personnes les plus actives que je connais) je n’ai plus honte de mon corps, je suis même fier de certaines de mes capacités physiques. J’aime me sentir fort, j’aime le calme que procure l’épuisement après l’entraînement . Se réconcilier avec son corps est une expérience qui apporte un bien-être certain.

De plus, me mobiliser avec mes kilos en trop me demandait plus d’efforts que de faire de l’exercice aujourd’hui. Mon essoufflement d’aujourd’hui a maintenant un sens, j’ai le sentiment de contrôler mon corps et de ne plus être à sa mercie. Longtemps j’ai considérer mon corps comme un boulet, maintenant je le considère comme le véhicule qui me permettra d’aller plus loin.

Les conséquences

Il y a plusieurs conséquences au fait de maigrir énormément, à la fois physiques et psychologiques. Plusieurs sont positives, mais également plusieurs demandent à êtres apprivoisées et gérées correctement. On pense volontiers que la perte de poids à un effet magique qui change la vie du tout au tout, ce n’est pas le cas. Comme pour vieillir, la puberté ou même la perte des cheveux, la transformation née de l’amaigrissement important demande à être apprivoisé. Je m’explique. Physiquement évidemment il y’a une amélioration du bien-être et de la santé, mais il y’a aussi d’autres conséquences dont il faut être conscients.

La peau, entre autres, est une chose fantastique qui s’étire beaucoup, mais qui perds de son élasticité avec le temps et on peut se retrouver avec un surplus important après un amaigrissement important. Moi-même je possède un excès de peau qui n’est pas des plus gracieux, j’ai, de plus, les abdominaux distendus. J’ai eu beau faire de la musculation de façon intensive et continuer à en faire, je n’aurai jamais le ventre bien découpé des culturistes et me déshabiller devant une femme fut longtemps un défi. Je ne suis plus obèse, mais j’en garde le sens aigue de la conscience de mon corps.

Bien entendu il existe la chirurgie esthétique pour corriger ça, mais ça coûte très cher. De plus ce n’est peut-être pas obligatoire. Je suis maintenant relativement bien avec mon corps, bien que je n’irais pas jouer l’exhibitionniste. Vous savez, il y a vingt ans j’ai vécu un peu en Afrique chez les Kabyés du Togo, un peuple ou les hommes, quand ils passent à l’âge adulte, pratiquent la scarification rituelle. Ils se coupent la peau du visage pour marquer leur passage à l’âge adulte et leur appartenance à la communauté. Mon corps porte ses propres scarifications. Il porte les marques de plus d’un quart de siècle d’obésité, mais, ces marques, je les portes comme les cicatrices d’un noble et dur combat que j’ai gagné, et que je gagne encore chaque jour. Quand, aujourd’hui je vois, dans le vestiaire d’un gymnase, le regard de quelqu’un s’arrêter sur la peau flasque de mon ventre, je le prends comme un hommage à ma lutte. Comme si je suis dépositaire d’un savoir unique et bénéfique. Mon corps raconte une histoire, mon corps raconte mon histoire et elle n’est pas honteuse.

Parlant du regard des autres. Le changement dans leur regard est également une des conséquences qu’il faut apprendre à gérer. Évidemment on cherche pendant un certain temps à retrouver l’étonnement dans le regard des autres qui ne nous on pas vu depuis longtemps, qui n’ont vu que le «avant». Pour moi ça c’est traduit par une fâcheuse habitude que j’ai eu pendant un certain temps de ne pas me présenter aux gens que je revoyais après mon amaigrissement en attendant de voir s’ils me reconnaîtraient. Je cherchais le regard d’approbation des autres, ce qui n’est pas nécessairement très sain : on ne maigrit pas pour faire plaisir aux autres, il est déjà assez difficile de le faire pour soi. Heureusement je m’en suis lassé assez rapidement.

Il y a aussi un étrange phénomène qui consiste, pour certaines personnes, à vous parler du vous obèse comme si c’étais quelqu’un d’autre, comme si vous n’étiez plus vous. Moi, quand on me dis que j’étais pathétique en obèse ça me blesse, parce que je suis la même personne. Je remercie tous ceux et celles qui n’ont pas changé avec moi que je sois gros ou maigre.

De plus, une fois maigre et, surtout, mieux dans sa peau, même trop ample, cela nous ouvre une foule de possibilités. Quand on s’est vu sur la pente descendante pendant des années, que l’on n’a pas cru en ses capacités ni que l’on vivrait bien longtemps, il est un peu déstabilisant de se réveiller un jour avec la goût de plein de choses. Par exemple je n’ai jamais eu le goût d’être père un jour, parce que tout simplement je ne me voyais pas vieillir ni être assez bien avec moi-même pour l’être. Alors voilà que maintenant j’envisage la possibilité d’être père un jour comme quelque chose de tout à fait concret et c’est ainsi dans bien d’autres domaines. L’avenir s’ouvre à moi, j’ai parfois véritablement l’impression d’être un survivant.

Il faut aussi avoir pleinement conscience que maigrir ne solutionne pas tout, que ce n’est qu’une petite partie du travail. Maigrir mets fin aux excuses. Parce qu’il reste que réussir à perdre des dizaines de kilos est un accomplissement remarquable. Quand on a fait cela et que l’on en intègre toute la mesure, on se rend compte que peu de défis sont trop grands pour nous et on est équipés d’une confiance en nos capacités qui est particulièrement précieuse. Une fois que l’on a fait cela, pourquoi s’arrêter en chemin? Pourquoi ne pas aller plus loin.

Bilan

Au départ j’ai écrit que je ne regrettais absolument rien du temps où j’étais obèse, malgré les souffrances, malgré les cicatrices, malgré tout. Parce que je suis convaincu que cette expérience dans la dimension extra-extra-large m’a permis de devenir quelqu’un de meilleur.

Je n’ai pas rejeté celui que j’étais, je n’ai pas honte de celui que j’étais, que je suis. Mes bibittes et mon obésité ont fait de moi quelqu’un qui a développé, en compensation, des aspects de ma personnalité que j’apprécie aujourd’hui.

Par exemple, me sentant incapable physiquement, j’ai développé mon esprit, mon savoir, ma culture. À l’époque j’ai surcompensé simplement comme un mécanisme de défense. Aujourd’hui je suis fier de mon savoir, de ma capacité de comprendre les choses. Y aurais-je mis la même énergie si j’avais été maigre? Sans doute que non. De même je suis devenu, par la suite, très sportif, une chose que je n’aurais jamais fait avec la même détermination si je ne m’étais pas senti si limité pendant si longtemps. Maintenant j’ai un peu le meilleur des deux mondes, je suis à la fois dans une grande forme physique et intellectuelle et c’est grâce, quelque part à mon obésité. Je suis aujourd’hui plus en forme et en santé que les gens de mon âge qui m’entourent, alors que mes amis sont de plus en plus bedonnants et sédentaire, moi je suis parti dans le sens contraire.

Et c’est vrai pour plusieurs aspects de ma personnalité. On ne recommence pas sa vie, on la poursuit avec l’équipement que l’on a. J’avais le choix de regretté mes années, de m’en vouloir de n’avoir pas maigrit plus tôt ou bien d’en tirer les fruits, d’en retenir des enseignements précieux. Mon obésité, mes angoisses, furent pour moi un outil de développement personnel extraordinaire. Pour gauchement paraphraser Saint-Éxupéry : Je viens de l’obésité comme on vient d’un pays, c’est ma terre natale.

mercredi 30 mai 2007

Un début



Bonjour,

Créer un blogue n'est pas tout, encore faut-il avoir quelque chose digne d'être raconté. Il ne faut pas seulement prendre la parole, il faut être capable de l'enrichir.

Mais, toute bonne première rencontre commence par des présentations. Mon nom est François Morin, je vis à Montréal et j'ai maintenant 40 ans. Ce blogue se nomme "Chroniques d'altitudes" pour deux raisons : premièrement, j'aime la montagne et j'en ai quelques-unes à mon actif, des montagnes comme le Kilimandjaro (5895 m) et des plus importantes comme l'Aconcagua (6962 m)


Ça c'est le début que j'ai écris il ya déjà quelques semaines et je procrastinais sur le reste du message, mais bon aujourd'hui l'actualité m'a ratrapé et je commence donc différeement.

J'allais donc ajouté que ce blogue parle d'altitude,mais aussi d'attitude car grimper des montagnes à une signification différente pour moi parce que, il ya quelques années, j'étais très obèse, mais vraiment très très obèse et ce blogue se voulait un peu une façon de transmettre un peu de cette expérience acquise en prenant mon gros problème en mains.

Ce matin cependant l'actualité me pousse à l'action, on annonce en effet la création d'une coalition contre l'obésité morbide (www.lepoidsquitue.com) qui veut faire la promotion de la chirurgie comme solution à l'obésité morbide, et ça me mets hors de moi, voici ma réaction.

La chirurgie n’est pas une panacée à l’obésité morbide

Je n’ai pu que ressentir un bien grand malaise en apprenant que l’on avait créé une coalition contre l’obésité morbide qui visait à faire la promotion de la chirurgie bariatrique (chirurgie du système digestif) comme étant «La» solution à l’obésité morbide. Un grand malaise d’abord de voir que l’on peut militer pour la chirurgie comme solution unique au problème de l’obésité morbide et un malaise aussi parce que j’ai moi-même souffert d’obésité morbide extrême (plus de 190 kg avec un indice de masse corporel supérieur à 60) et que je comprends bien la profondeur de la détresse et de la vulnérabilité que l’on peut ressentir quand on est obèse morbide.

J’ai bien connu la douleur de ne pouvoir marcher plus de dix pas sans être essoufflé, de prendre plus de 15 minutes pour grimper un seul étage et s’est sans parler de vivre sous le regard réprobateur des gens comme si on était une espèce de bête de cirque. Cependant, quand j’entends des gens, surement bien intentionnés, faire la promotion de la chirurgie comme étant «La» solution je n’entends pas un message d’espoir, mais un cri de désespoir et de découragement.

Le désespoir et le sentiment d’être incapable d’agir sur son propre état, d’être impuissant face à ses problèmes de poids, un découragement qui ne peut être qu’amplifié par la promotion active de la chirurgie. Le message véhiculé est clair : vous n’avez pas de pouvoir sur vous-même, seule la chirurgie peut vous aider.


Bien entendu nous ne sommes pas tous égaux devant la prise de poids, certains engraissent beaucoup plus facilement que d’autres et nous connaissons tous des gens qui mangent en grande quantité sans prendre un gramme, c’est peut-être injuste quelque part, mais le jour où on se retrouve obèse ça ne change rien aux faits : ce n’est pas le voisin qui doit maigrir, c’est soi-même, la justice ou l’injustice de la situation n’ont rien à y voir. Je ne veux surtout pas culpabiliser les obèses morbides, de nombreux facteurs familiaux et sociaux encouragent la prise de poids et c’est loin d’être entièrement de leur faute s’ils sont obèses. Mais si la prise de poids n’est pas de leur faute, maigrir demeure leur responsabilité et pour ce faire il existe beaucoup de solutions dont la vaste majorité réside dans une alimentation plus saine, plus d’activité physique et l’adoption d’une meilleure hygiène de vie.


Je ne parle pas de vivre une vie plate remplie de festins de crudités moroses, je parle d’une alimentation variée, savoureuse que l’on déguste avec un plaisir constamment renouvelé, je parle d’une vie aussi que l’on savoure. Je parle aussi du plaisir de se sentir fort, en forme et actif, que son propre corps redevienne une source de satisfactions et de bien-être plutôt qu’une source de douleurs et de honte. Imaginé un peu, quelques secondes seulement, la satisfaction que j’ai pu ressentir en janvier dernier alors que je me tenais au sommet de la plus haute montagne des Amériques, l’Aconcagua alors qu’il y a moins de dix ans je ne pouvais même grimper un étage sans me reposer trois fois.


Entre les deux je ne me suis pas fait opéré et il n’y a pas eu de miracle, je n’ai pas changé de génétique ou de prédisposition naturelle à l’obésité et je ne ne suis pas devenu un être d’une volonté de fer, si je l’avais été je ne me serais jamais rendu à plus de 190 kg, mais, par contre, après avoir été endurant, je suis devenu persévérant. Après avoir enduré les malaises, la douleur et les maladies pendant des années j’ai décidé de consacrer toute ces énergies perdues à en faire de la persévérance et, croyez-moi, c’est beaucoup plus facile.


La chirurgie bariatrique fait partie des solutions, mais elle est et doit rester une solution de dernier recours qui, oui, reste nécessaire pour certaines personnes et c’est bien vrai que l’obésité tue : l’obésité n’est pas une façon de vivre, c’est une façon de mourir. Cependant la première personne qui peut changer les choses ce n’est pas le chirurgien, c’est l’obèse lui-même. Faire la promotion de solutions remettant la responsabilité première de la perte de poids en d’autres mains que celle de la personne qui a le problème de poids est un leurre, même pour des gens extrêmement obèse.


Oui c’est difficile, oui c’est décourageant et les excuses ne manquent pas pour renoncer, mais, si le défi est immense, la récompense est encore plus grande. De plus, cette prise en mains par soi-même à un avantage incroyable : on n’a pas besoin d’être inscrit sur une liste d’attente pendant des années, on peu commencer dès maintenant.